Les Malgaches de la diaspora ont fêté leur Nouvel An, samedi 29 mars 2025. Et pour cette deuxième édition, un festival leur était dédié à la REcyclerie, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, un lieu écoresponsable qui met en avant depuis deux ans cet événement. Un espace dans lequel, pendant trois jours, cette diaspora, qui représente plus de 180 000 Malgaches en France, s'est retrouvée. Au menu : des conférences, une exposition photographique, un espace livres, des projections documentaires, des rencontres avec plusieurs collectifs, des musiques, des contes... Il y en avait pour tous les goûts.
Le Nouvel An malgache repose sur le calendrier lunaire, comme l'explique Hobi Rakotoson : « Il faut savoir que le Nouvel An malgache change d'une année à l'autre, puisqu'on est sur un calendrier lunaire. Mais le 29 mars est aussi la commémoration du 29 mars 1947, l'insurrection malgache contre la domination française. C'est l'un des moments phares de la lutte anticoloniale malgache. C'est donc une date importante qui coïncide avec le Nouvel An malgache. Être ici aujourd'hui, c'est très symbolique. »
Un Nouvel An engagé selon l'organisatrice de ce festival, Audrey Randjiamandjia, à la tête de l'association Malagasy Women Empowerment : « Ce festival est aussi un moyen pour toutes les personnes qui œuvrent pour Madagascar de valoriser ce qu'elles réalisent sur le terrain. C'est ce que nous faisons aujourd'hui : réduire l'écart d'information entre ce que les gens savent de Madagascar ici et ce que vivent ceux sur le terrain »,explique l'organisatrice.
« Nous y parvenons en organisant des ciné-débats, par exemple. Certains films sont interdits de diffusion à Madagascar, mais nous continuons à soutenir les réalisateurs et le cinéma malgache. Nous organisons aussi d'autres activités, comme des conférences, pour permettre à la diaspora, notamment ceux qui ne retournent plus à Madagascar ou qui ne s'engagent pas nécessairement, d'avoir les informations nécessaires et éclairées sur la situation actuelle du pays », poursuit-elle.
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Un festival qui crée des ponts et des liens Kalina, présente pour ce Nouvel An malgache 2025, constate : « Franchement, mon pays me manque. J'ai juste envie de dire ça. Venir ici est très enrichissant. On a de la chance d'avoir ce genre d'événements ici, avec autant d'associations. »
Hobi Rakotoson, ingénieure de formation, a mis son métier entre parenthèses. Elle valorise la culture malgache à travers son entreprise Lamake, qui crée des jeux de société. « Souvent, on nous dit : "Ah, mais tu es malgache, mais tu ne parles pas malgache ?", "Oh, tu es malgache, mais tu as un accent" ou encore "Tu as vécu à Madagascar, mais tu n'as pas appris à parler malgache ?", constate-t-elle. Ce sont de vraies problématiques auxquelles nous, la diaspora, ou même des personnes ayant vécu là-bas, faisons face. Le but, c'est de permettre de faire un pas vers la culture malgache à travers la langue. L'idée est de débloquer cette barrière pour embrasser son identité, sa culture, ses origines et découvrir Madagascar. »
Il y a aussi des histoires de princesses et de princes avec Hanta, la conteuse. Et il est temps, en cette nouvelle année, de faire des vœux…
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