• Chez les mineurs incarcérés à Marseille, l'école en pointillé

  • Mar 24 2025
  • Length: 3 mins
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Chez les mineurs incarcérés à Marseille, l'école en pointillé

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  • La loi proposée par Gabriel Attal sur la justice des mineurs doit être votée au Sénat ce 25 mars. Elle propose une dérogation à l'excuse de minorité pour les jeunes délinquants multirécidivistes, la possibilité d'une comparution immédiate et la responsabilité civile solidaire des parents pour les dégâts causés par leurs enfants. Cette loi pourrait augmenter le nombre de mineurs en détention. Visite d'un établissement pour mineurs à Marseille, ville particulièrement touchée par le trafic de stupéfiants.

    De notre correspondante à Marseille,

    À la prison pour mineurs de Marseille, les portes s'ouvrent, exceptionnellement, pour laisser passer le député des Bouches-du-Rhône, Hendrik Davi. Il fait valoir son droit de visite.

    « On va voir quelles sont les conditions de détention des petits jeunes. On va voir les activités qu'ils peuvent avoir pour n'importe quel détenu. On va voir si les conditions de détention sont correctes. »

    Depuis les rangées de cellules qui donnent sur la cour, 50 adolescents de 13 à 17 ans essayent d'attirer l'attention du député. Idrisse a autrefois fait partie de ces jeunes incarcérés. Il a aujourd'hui 29 ans et explique l'engrenage.

    « Toute ma jeunesse, toute mon adolescence, je les ai passées dans les centres éducatifs fermés et la prison. La Busserine, c'est l'un des quartiers où il y a le plus de trafic. Et quand tu lèves la tête et que tu regardes autour de toi, tout le monde baigne dans le trafic pour subvenir à leur consommation, à leur style vestimentaire, à tout ça. Et puis petit à petit, je suis rentré dans le stup à guetter, à vendre et à monter de grades, jusqu'à voler et à braquer... »

    Sur lui, la détention a eu des effets positifs.

    « Oui, ça a été bien parce qu'il y a toujours des psychologues où ça te permet aussi de te poser, de faire une relecture un peu sur ta vie. Chez les mineurs, ça a été utile dans le sens où ils proposaient beaucoup de scolarité. Et aujourd'hui, je suis diplômé, moniteur éducateur, je fais une VAE pour être éducateur spécialisé. »

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    « La notion d'apprentissage et la notion d'éducation, elle est fondamentale »

    Mais ce jour-là à l'EPM, la direction l'avoue, il n'y a pas école à cause du manque de personnel. La situation n'est pas rare, elle est due à de nombreux arrêts maladie et des difficultés de recrutement. La juge pour enfant Laurence Bellon a suivi des mineurs pendant trente ans.

    « Quand vous êtes avec un mineur, la notion d'apprentissage, la notion d'éducation, elle est fondamentale. L'idée qu'en frappant l'enfant va comprendre. Ce n'est pas vrai. Vous avez là ceux qui sont en grande difficulté et ceux qui ne sont pas en grande difficulté, ils le deviennent en étant placés avec des gamins qui sont très difficiles. On s'est mis à souhaiter de plus en plus que les mineurs soient traités, je ne dis pas comme des majeurs, mais un peu comme des majeurs. »

    Des crédits qui favorisent l'enfermement, pourtant beaucoup plus coûteux que des places en foyer. Plusieurs syndicats appellent à manifester contre la loi Attal et pour une augmentation des moyens dans l'éducatif.

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