• La montée en cadence de l'usine KNDS, fabricant du canon Caesar, symbole de l'économie de guerre

  • Apr 2 2025
  • Length: 3 mins
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La montée en cadence de l'usine KNDS, fabricant du canon Caesar, symbole de l'économie de guerre

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  • « Nous entrons dans une économie de guerre », voilà ce qu'annonçait le président français Emmanuel Macron mi-2022. Désormais, trois ans après le début de l’invasion russe en Ukraine, l’Europe veut aussi prendre son indépendance militaire vis-à-vis des États-Unis de Donald Trump, qui se sont rapprochés de la Russie. Dans ce contexte, l’Union européenne prévoit de mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros d’ici à 2030. Alors comment l’industrie s’adapte-t-elle ?

    Ce qui frappe d’abord en arrivant à l’usine, ce sont les travaux d’agrandissement en cours. Là, un hangar provisoire. Ici, un trou de plus de deux mètres de profondeur sur plus de 100 mètres carrés pour faire place à de nouvelles machines. « On est dans la dernière canonnerie de France », explique Gabriel Massoni, porte-parole du groupe franco-allemand KNDS, leader européen de l'artillerie. Sur l'ensemble des munitions fabriquées par le groupe en France, 90 % partent en Ukraine. Mais aussi beaucoup de canons Caesar, qui sont faits en partie dans cette usine.

    Dans l'usine, l'économie de guerre est une réalité depuis le début de l'invasion russe. « On a investi 600 millions d'euros en fonds propres depuis trois ans, pour tripler la production de canons Caesar et d'obus de 155 mm qui sont tirés par le canon Caesar. On a recruté, on a acheté des machines, on est en train de pousser les murs, donc on a cette expérience de l'économie de guerre », affirme le parole-parole.

    Avant 2022, le groupe fabriquait un à deux canons Caesar par mois. Aujourd'hui, c'est six par mois. De longs tubes de métal de plusieurs mètres de long, usinés pas au millimètre, mais au micromètre près. Kévin travaille ici depuis dix ans. Il a vu les effectifs passer de 120 à 200 personnes et la cadence s'accélérer. Nous ne pouvons pas donner son nom de famille pour des raisons de confidentialité. « Ça a doublé au niveau effectif dans la ligne depuis que je suis arrivé. Et avec l'augmentation [de la production, NDLR], on a eu des demandes pour venir travailler les samedis matin aussi sur la base du volontariat », détaille-t-il. Sur sa ligne, où sont fabriqués les tubes de futurs canons Caesar, les salariés travaillent en trois huit, ce qui n'a pas toujours été le cas. Une dizaine de nouvelles embauches sont prévues cette année.

    L'entreprise, qui avant s'appelait Nexter, a demandé à ses fournisseurs, plus de 2 000, d'accélérer aussi la cadence. « Tous nos fournisseurs, on les accompagne. Il ne s'agissait pas que KNDS soit en capacité de fabriquer huit canons par mois et que nos fournisseurs restent à une capacité de trois ou quatre », témoigne Laurent Monzauge, chef d'établissement KNDS à Bourges. Dans certains cas, le groupe a avancé de la trésorerie. Il a aussi parfois dû changer de fournisseurs.

    Aujourd'hui, les carnets de commande du groupe sont pleins pour trois ans. Et avec la hausse annoncée des dépenses militaires en Europe, ils pourraient encore se remplir davantage. L'industrie de la défense emploie près de 200 000 personnes en France, entre emplois directs et indirects.

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