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  • Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats.

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  • France: à la mode parmi les jeunes, le tricot constitue une manière de consommer plus durable
    Apr 3 2025

    D'après une étude OpinionWay publiée en 2022, plus d'un tiers des Français de moins de 35 ans disent tricoter. Tutoriels sur les réseaux, ateliers dans les cafés, les occasions d'apprendre se multiplient. Illustration dans un café parisien où RFI a pu assister à un cours gratuit. Ici, on fournit la laine et les aiguilles, les débutants sont bienvenus.

    Comme chaque mercredi, Perrine explique les rudiments du tricot chez Cortado, un café du Marais, dans le centre de Paris. Ce soir, le cours affiche complet. Pour Lalie, 21 ans, pas question de louper l'événement. « J'ai vu un truc sur les réseaux. Je me suis dit : "mais moi aussi, je veux en être". J'ai activé les notifications parce que j'ai vu qu'il fallait réserver puisqu'il y allait avoir beaucoup de monde. Dix minutes avant le lancement de la billetterie, j'étais sur Instagram en train d'actualiser la page. Voilà, on dirait un concert, mais c'est juste un atelier tricotage », plaisante-t-elle.

    Ici, la moyenne d'âge est de 25 ans environ, surtout des filles, mais aussi quelques garçons. Comme Hugo, qui assiste à son premier cours : « Je fais de la sérigraphie, je travaille dans la mode et je trouvais cela intéressant. J'ai toujours dit non quand ma grand-mère voulait m'apprendre. Et là, je me suis dit : "pourquoi pas ?" On parle avec d'autres gens, qui sont très forts et moi très nul. On rencontre des gens, on boit un café ou un petit verre de vin et on fait du tricot. C'est le parfait mélange, après le travail », estime-t-il.

    C'est pendant le confinement que le tricot a amorcé son grand retour. Une tendance très vite reprise par les influenceurs et qui depuis ne perd pas de vitesse. La preuve : aujourd'hui, le mot-dièse « #knitting », c'est-à-dire tricot en anglais, totalise plus de 27 millions de publications sur Instagram. Pour les jeunes générations, tricoter c'est devenu « cool » et cela réjouit Perrine qui anime l'atelier.

    « Ce n'est pas du tout à la mode, à l'époque, quand même, quand j'ai démarré. J'ai 60 ans, j'ai pris l'habitude de dire que je n'ai pas eu de petit copain, mais que je tricote. Maintenant, c'est tendance. Je suis très contente qu'il y ait plein de gens qui veulent tricoter. Je pense que ce n'est pas juste un phénomène comme cela, qui va durer deux mois. C'est aussi lié aux problèmes de consommation à outrance. Ils viennent tous avec l'idée, je pense, de se faire quelque chose, un jour », raconte-t-elle.

    Au cours de Perrine, tous les rêves sont permis. Même pour Alice, qui commence tout juste une nouvelle pièce. « Moi, c'est très basique, c'est un cache-cou pour l'instant. Mon rêve ultime : je crée mon pull et je vais à la Fashion Week », déclare-t-elle, amusée. En plus de la satisfaction de créer quelque chose de ses mains, le tricot a d'autres vertus.

    Selon une étude OpinionWay publiée en 2022, 75 % des tricoteurs déclarent être plus heureux depuis qu'ils manient les aiguilles. C'est le cas de David, un tricoteur assidu, en pleine réalisation d'un grand sac en maille vert et blanc. « Quand je commence à le faire, je commence à oublier toutes mes autres préoccupations. Je suis tellement concentré sur le fait de faire chaque point correctement que j'entre dans une étape de plénitude », confie-t-il. À vos pelotes, donc. Vous avez encore deux mois pour vous entraîner avant la Journée mondiale du tricot, le 8 juin prochain.

    À écouter aussiAccents d'Europe: en Bosnie, se reconstruire par le tricot

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  • La montée en cadence de l'usine KNDS, fabricant du canon Caesar, symbole de l'économie de guerre
    Apr 2 2025

    « Nous entrons dans une économie de guerre », voilà ce qu'annonçait le président français Emmanuel Macron mi-2022. Désormais, trois ans après le début de l’invasion russe en Ukraine, l’Europe veut aussi prendre son indépendance militaire vis-à-vis des États-Unis de Donald Trump, qui se sont rapprochés de la Russie. Dans ce contexte, l’Union européenne prévoit de mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros d’ici à 2030. Alors comment l’industrie s’adapte-t-elle ?

    Ce qui frappe d’abord en arrivant à l’usine, ce sont les travaux d’agrandissement en cours. Là, un hangar provisoire. Ici, un trou de plus de deux mètres de profondeur sur plus de 100 mètres carrés pour faire place à de nouvelles machines. « On est dans la dernière canonnerie de France », explique Gabriel Massoni, porte-parole du groupe franco-allemand KNDS, leader européen de l'artillerie. Sur l'ensemble des munitions fabriquées par le groupe en France, 90 % partent en Ukraine. Mais aussi beaucoup de canons Caesar, qui sont faits en partie dans cette usine.

    Dans l'usine, l'économie de guerre est une réalité depuis le début de l'invasion russe. « On a investi 600 millions d'euros en fonds propres depuis trois ans, pour tripler la production de canons Caesar et d'obus de 155 mm qui sont tirés par le canon Caesar. On a recruté, on a acheté des machines, on est en train de pousser les murs, donc on a cette expérience de l'économie de guerre », affirme le parole-parole.

    Avant 2022, le groupe fabriquait un à deux canons Caesar par mois. Aujourd'hui, c'est six par mois. De longs tubes de métal de plusieurs mètres de long, usinés pas au millimètre, mais au micromètre près. Kévin travaille ici depuis dix ans. Il a vu les effectifs passer de 120 à 200 personnes et la cadence s'accélérer. Nous ne pouvons pas donner son nom de famille pour des raisons de confidentialité. « Ça a doublé au niveau effectif dans la ligne depuis que je suis arrivé. Et avec l'augmentation [de la production, NDLR], on a eu des demandes pour venir travailler les samedis matin aussi sur la base du volontariat », détaille-t-il. Sur sa ligne, où sont fabriqués les tubes de futurs canons Caesar, les salariés travaillent en trois huit, ce qui n'a pas toujours été le cas. Une dizaine de nouvelles embauches sont prévues cette année.

    L'entreprise, qui avant s'appelait Nexter, a demandé à ses fournisseurs, plus de 2 000, d'accélérer aussi la cadence. « Tous nos fournisseurs, on les accompagne. Il ne s'agissait pas que KNDS soit en capacité de fabriquer huit canons par mois et que nos fournisseurs restent à une capacité de trois ou quatre », témoigne Laurent Monzauge, chef d'établissement KNDS à Bourges. Dans certains cas, le groupe a avancé de la trésorerie. Il a aussi parfois dû changer de fournisseurs.

    Aujourd'hui, les carnets de commande du groupe sont pleins pour trois ans. Et avec la hausse annoncée des dépenses militaires en Europe, ils pourraient encore se remplir davantage. L'industrie de la défense emploie près de 200 000 personnes en France, entre emplois directs et indirects.

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  • Image écornée et propriétaires embarrassés, les reventes de Tesla se multiplient sur le marché de l'occasion
    Apr 1 2025

    Désamour passager ou début d’un véritable déclin ? Les ventes de voitures Tesla en Europe ont été divisées par deux en un an. Sur le marché de l’occasion, les annonces fleurissent depuis janvier. Une tendance difficile à interpréter, entre renouvellement de la gamme du constructeur, concurrence accrue et rejet d’Elon Musk. Certains consommateurs sont rebutés par les prises de position du patron de Tesla, l'un des plus proches conseillers de Donald Trump à la Maison Blanche.

    Se séparer de sa Tesla, Alberto, qui travaille dans un quartier de bureaux au nord-ouest de Paris, y songeait depuis le rachat de Twitter, devenu X, par Elon Musk. C’est désormais chose faite. « J'ai vendu ma Tesla modèle Y en fin d'année 2024. L'élection de Donald Trump et l'implication de Musk dans la campagne électorale et ce qui en a suivi a fini de me décider. En tout cas, cela ne veut pas dire qu'un jour ou l'autre, si Musk n'est plus à la tête de Tesla, je ne retournerai pas chez Tesla. Mais à date, je pense qu'on ne peut pas cautionner ce qu'il fait », explique-t-il.

    Une opinion partagée par Adrien, qui jette un regard quelque peu désenchanté vers sa voiture. Il a décidé de la vendre pour des raisons personnelles. Mais s’il n’a pas encore choisi son prochain véhicule, pour lui, une chose est sûre : « Je n'achèterai pas de Tesla. Avec la place qu'a prise Elon Musk dans l'actualité, toutes ses idées, cela ne passe pas vraiment. Financer son idéologie de fou furieux, c'est très compliqué. »

    Ils étaient pourtant attachés à la marque. C’est l’intérêt d’Alberto pour l’innovation technologique qui l’avait persuadé d’opter pour le constructeur, il y a quatre ans. « J'étais plutôt convaincu par le concept qui avait plutôt l'image d'une marque avant-gardiste, en avance sur tous les autres », selon lui. Une image aujourd’hui écornée. Cyrille, collègue d’Alberto, qui vend sa Tesla achetée d’occasion il y a un peu plus d’un an, peut en témoigner : « On est passé de "bobo écolo" à limite d'extrême droite "nazi". »

    Rayures, jets de peinture, incendies… Certains véhicules Tesla ont été ciblés par des militants anti-Elon Musk. Des évènements qui comptent aussi dans la décision de boycotter la marque. « Il y a aussi la crainte de se faire abîmer la voiture et qu'elle soit peut-être un peu moins vendable plus tard. Ce qui nous donne un peu raison, quand on voit tout ce qui concerne les prix de revente, le nombre d'annonces », abonde Alberto.

    Trop de voitures alors que la demande recule. Sur Leboncoin, plateforme de petites annonces, le prix moyen des Tesla a baissé d’environ 3 000 euros depuis janvier. « Avec tout ce qui se passe et le bashing de Tesla, la cote a beaucoup baissé. À l'heure actuelle, elle est cotée approximativement 28 000 euros par la cote Argus, la cote officielle. Et à titre d'exemple, j'ai une concession BMW qui me propose une reprise à 17 000 euros. Donc, pour moi, ce n'est pas possible. », regrette Cyrille. Revendre sa voiture par désaccord avec Elon Musk, oui, mais pas à n’importe quel prix ! Cyrille a finalement décidé de garder son véhicule encore quelque temps, en espérant que le marché reprenne des couleurs.

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