• Violences sexuelles dans le cinéma: la commission d’enquête touche à sa fin

  • Mar 23 2025
  • Length: 3 mins
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Violences sexuelles dans le cinéma: la commission d’enquête touche à sa fin

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  • C’est un procès emblématique de la vague #MeToo dans le milieu du cinéma qui débute ce lundi 24 mars pour deux jours : celui de l’acteur français Gérard Depardieu. Il est jugé pour agressions sexuelles sur deux femmes lors du tournage du film Les Volets verts, en 2021. Et, à l'Assemblée nationale, une commission d’enquête chargée d’identifier les abus et les violences sur les plateaux de cinéma prévoit de rendre son rapport final le 9 avril prochain. Depuis le mois de mai 2024, à l’Assemblée nationale et à l’initiative de l’actrice Judith Godrèche, une commission d’enquête est chargée d’identifier les abus et les violences dont sont victimes les majeurs et les mineurs sur les plateaux de cinéma, notamment. Les travaux de cette commission touchent à leur fin. Les députés qui en sont membres ont des propositions concrètes en tête pour faire évoluer le cadre législatif.Ce fut l’un des temps forts des auditions menées par la commission d’enquête. Pendant une heure, le 7 novembre 2024, l’actrice française Sara Forestier témoigne de l’agression qu’elle subit sur un tournage en 2017. Des trémolos dans la voix, elle accuse son partenaire de jeu, l’acteur Nicolas Duvauchelle, de l’avoir giflée. L’équipe du film la dissuade alors d’engager des poursuites. « On essaye de m’empêcher d’aller au commissariat, raconte l’actrice. L’équipe panique. Ils ne savent pas gérer ce genre de situation. Il n’y a qu’une seule chose qui prend toute la place, c’est la peur, par rapport à l’argent et aux assurances. Et donc, tout de suite, on met la poussière sous le tapis et la victime doit encaisser. » L’actrice a depuis déposé plainte, l’acteur, lui, nie les faits.Comédiens, réalisateurs ou producteurs : en six mois, la commission d’enquête a interrogé près d’une centaine d’acteurs du cinéma, du théâtre, mais aussi de la publicité. À l’heure de la conclusion des débats, la députée écologiste Sandrine Rousseau, présidente de la commission, dresse un bilan contrasté : « Il y a d’un côté le vécu des personnes victimes qui relatent des faits récurrents et de, l’autre côté, un monde du cinéma qui comprend les enjeux, mais qui reste encore assez aveugle à la réalité des vécus des personnes. »À lire aussiCannes: Judith Godrèche réalisatrice du court-métrage «Moi Aussi» sur les violences sexuellesLe recours aux coordinateurs d’intimitéUn aveuglement et des défaillances. Exemple concret, l’audition de la réalisatrice Catherine Corsini, le 27 janvier dernier. Violences verbales à son encontre, accusations d’agression sexuelle à l’encontre d’un cascadeur… En 2022, le tournage de son film Le Retour est chaotique. À cela s’ajoute une scène à caractère sexuel impliquant une actrice mineure, non déclarée auprès de la commission des enfants du spectacle. Devant la commission, la réalisatrice s’en explique : « Je me suis dit qu’ils étaient d’accord. Ça les a fait marrer. On l’a fait rapidement et ça s’est bien passé. Mais j’admets qu’on n’aurait pas dû le faire, je le reconnais. » La députée Sandrine Rousseau intervient : « S'il y a un coach d'intimité, ça simplifie tout. » Catherine Corsini, lui répond : « À l’époque, je n’avais pas encore à l’esprit que le recours à un coach d’intimité pouvait entrer dans les pratiques. Je pensais que l’intimité, c’était le metteur en scène qui l’avait avec les acteurs. »Le coordinateur d’intimité est une sorte de médiateur entre le réalisateur et ses comédiens qui encadre les scènes intimes. Un métier encore largement méconnu en France qui accuse, d’ailleurs, un certain retard en la matière. En 2024, on comptait seulement quatre coordinateurs d’intimité dans l’Hexagone, contre près d’une centaine outre-Atlantique. Par ailleurs, ils ne sont pas obligatoires sur les plateaux. Alors, c’est l’une des priorités identifiées par la commission et sa présidente, Sandrine Rousseau : « Les coordinateurs d’intimité, c’est vraiment parmi les personnes qui manquent dans les tournages. Il faut qu’on sache exactement ce qui va être tourné, monté, ce qu’on va retenir comme plan, c’est absolument indispensable », appuie la députée.Indispensable, au point de figurer en bonne place dans le compte-rendu final de la commission, explique son rapporteur général, le député MoDem, Erwan Balanant : « Il faut rendre systématique le fait que les coordinateurs d'intimité soient proposés et qu’ils soient obligatoires si l’un des deux protagonistes souhaite qu’il y ait un coordinateur d’intimité. » L’une des nombreuses propositions du rapport final publié le 9 avril et qui débouchera, peut-être, sur une proposition de loi.À lire aussiMonia Aït El Hadj, coordinatrice d’intimité au cinéma: «On n'est pas là pour gommer la ...
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