• Côte d'Ivoire: à Duékoué, ville martyr de la crise de 2011, les jeunes générations souhaitent tourner la page [4/4]
    Apr 3 2025

    Comment briser le cycle de la violence ? À Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, la question reste sensible, 14 ans après la crise post-électorale. Une période marquée par les tensions entre les communautés guérées et malinkées. Selon le CICR, les violences intercommunautaires avaient fait près de 800 morts, peu après la prise de la ville par les forces loyales à Alassane Ouattara, fin mars 2011. Pour panser les plaies, les autorités et les ONG ont mené plusieurs programmes en faveur de la réconciliation et la cohésion sociale. Mais pour les jeunes générations, celles qui n’ont pas vécu la guerre, la page est-elle tournée ?

    Au marché de Kokoman de la ville de Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, Awa vend des oignons. Âgée de 23 ans, cette femme musulmane est arrivée ici quelques années après la crise. « J’ai entendu parler de ces problèmes, mais maintenant ça va. Après la guerre, on peut l’oublier, on peut faire tout ensemble », affirme-t-elle.

    Kokoman est le quartier des Malinkés, mais il a servi de point de retour aux déplacés qui avaient fui les violences. Nicodème, 19 ans, y habite avec sa famille. Dans son lycée, il l’assure, il n'y a pas de dispute. « Entre Guérés et Malinkés, il s’est passé les choses, mais c’est de la mésentente. Après les problèmes, il faut les laisser passer et puis vivre ensemble. Comme on le dit dans nos jargons, “y a pas moment”. Il n'y a pas de Guérés, il n'y a pas de Dioula. Il faut s’entendre, c’est tout. Laissez le passé, c’est le passé. Et on vivra ensemble », espère-t-il.

    Ce discours pacifique se retrouve chez la quasi-totalité des jeunes. Depuis plusieurs années, les associations s’engagent avec des conciliations de litiges fonciers, des actions de sensibilisation ou l'organisation de matches de foot. Pour Aissata, les efforts sont visibles, mais cela n’efface pas le passé.« À l’école, les enfants Dioula et les filles Guérés ne s’entendent jamais, parce que ce n’est pas oublié totalement. Les adultes discutent entre eux pour mieux s’entendre, mais les enfants… La rancune est toujours là. Ça doit disparaître, c’est du passé. Même si on sait qu’on ne peut pas tout oublier », raconte la jeune fille de 16 ans.

    La question préoccupe les autorités de la ville. « Combien de temps faudra-t-il attendre pour que cette crise-là soit complètement derrière nous ? Peut-être deux ou trois générations. Il faut continuer nos efforts pour que cette génération naissante comprenne qu’elle est obligée de pardonner », estime Vacaba Touré, qui dirige la radio municipale. Ce septuagénaire a toujours vécu à Duékoué.

    Au quartier Carrefour, très majoritairement guéré, une stèle est érigée en mémoire des victimes des massacres de 2011. Près du monument, Latro, 14 ans, porte le maillot orange de l’équipe nationale de foot. Pour cet apprenti mécano, les habitants de Duékoué sont avant tout Ivoiriens. « On considère que nous sommes des frères. C’est comme une famille, il n’y a aucune différence », explique-t-il. La preuve pour lui : la victoire à la dernière coupe d’Afrique des Nations, célébrée dans toute la ville, sans distinction.

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  • Côte d'Ivoire: l'histoire de Lama Niankoï, 94 ans, ex-combattant guinéen de l'armée française [3/4]
    Apr 2 2025

    Comment perpétuer la mémoire des soldats africains qui ont combattu pour la France ? La question agite la communauté ivoiro-guinéenne de Danané, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire – les familles craignent d’être oubliées à la mort du dernier vétéran de l’armée coloniale. RFI a retrouvé la trace de cet ancien combattant, l’un des derniers témoins des tensions de l’époque entre la France du général de Gaulle, la Côte d’Ivoire d’Houphouet-Boigny et la Guinée de Sékou Touré.

    De notre envoyé spécial à Danané,

    Appuyé sur sa canne devant une maison modeste, le caporal Lama Niankoï a l’esprit toujours vif. À 94 ans, entouré de proches, le patriarche raconte son parcours militaire. Engagé à 19 ans à Nzerekoré, le soldat originaire de Guinée sert à Madagascar ou encore en Algérie. « À Oran et à Constantine, c’est là que j’ai combattu », se souvient-il. Mais en 1958, le caporal doit choisir son camp – la Guinée de Sékou Touré prend son indépendance de la France avec fracas.

    Lama Niankoï sert encore sept ans sous les drapeaux bleus-blancs-rouges, comme l’explique Félix, son fils : « Quand la Guinée a pris sa libération, l’armée s’est retirée, mais mon père devait faire 15 ans pour toucher sa pension. » Un choix et des conséquences – À sa démobilisation en 1965, les Guinéens de l’armée française sont vus comme des traîtres dans leur pays natal.

    Parmi eux, 37 vétérans échouent à Danané, en Côte d’Ivoire – autre pays hostile aux yeux du régime de Sékou Touré. Un nom que Lama Niankoï ne veut plus entendre. « Enlevez le nom de Sékou Touré, pas de gros mots avec moi, demande-t-il. On a beaucoup souffert. »

    « Au moment où Sekou Touré était au pouvoir, mon papa ne pouvait pas rentrer. Pourquoi ? Parce que ceux qui avaient choisi la France, lui considérait que c’étaient des ennemis », raconte Francine Damey qui préside l’association des enfants des anciens combattants de Danané, dont son père était le chef.

    Et ce passé ne passe toujours pas pour Francine, surtout quand elle se rend en Guinée. « Même en Guinée, on nous appelle les “anti-Guinéens”. Même si on dit que nous sommes guinéens, on nous appelle les Ivoiriens… eux-mêmes, ils disent “au moment où on souffrait, où étiez-vous ?” Ce n'est pas facile », regrette-t-il. Aujourd’hui, ces descendants redoutent d’être oubliés par la France, le pays que Lama Niankoï avait choisi de servir.

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  • Côte d'Ivoire: sauver les ponts de liane, patrimoine culturel et touristique de la région du Tonkpi [2/4]
    Apr 1 2025

    Dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, ils sont des symboles parmi les plus connus de la tradition yacouba. Quatre ponts de liane suspendus au-dessus du fleuve Cavally et qui attirent les visiteurs de toute la région. Mais ces structures réputées « magiques » sont menacées par la déforestation. Pour préserver cet héritage, la direction régionale du tourisme veut lancer des pépinières d’arbres à liane. RFI s'est rendu dans le village de Lieupleu pour tenter la traversée.

    À trois mètres au-dessus du fleuve, les aventuriers n’en mènent pas larges, sur l’enchevêtrement de branches qui grincent. Florence est institutrice, elle est venue avec sa famille jouer les Indiana Jones. « Ça fait peur, mais il y a beaucoup d'émotions. C'est émouvant de voir ce pont qui existe on ne sait pas comment », s'émerveille-t-elle.

    Lieupleu fait partie des quatre ponts de liane historiques de la région de Tonkpi, en Côte d'Ivoire. Les villageois les traversaient pour aller aux champs. Aujourd’hui, les touristes visitent chaque jour ces passerelles éphémères. « Quand le pont est emporté, les initiés appellent le griot qui nous dit d’aller chercher les lianes. », raconte Valère Gbah, l'un des guides locaux. Une puissance magique construirait ensuite les ponts en une nuit. Il est interdit de marcher dessus avec ses chaussures ou de mâcher un chewing-gum quand on traverse. Problème : les lianes sont de moins en moins disponibles, selon Valère Gbah. « Pas facile de chercher les lianes aujourd'hui. On a planté du café et du cacao », selon lui.

    Pour trouver les arbres à lianes, il faut faire 100 km jusque dans les pays voisins. « La déforestation est réelle. Elle est liée à la déforestation générale que connaît la Côte d'Ivoire. S'il n'y a pas de plante, il n'y a pas de pont, même avec de la bonne volonté », estime le docteur Doudjo Ouattara, biologiste forestier. Ce chercheur à l’université Nangui Abrogoua d’Abidjan veut sauvegarder les arbres à liane. « Il faut déjà faire l’inventaire des arbres utilisés par ces communautés, puis les introduire dans la nature et installer des pépinières », détaille-t-il. Un projet soutenu par la direction du tourisme de la région du Tonkpi.

    À lire aussiCôte d'Ivoire: la langue sokya sauvée par des missionnaires traducteurs [1/4]

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  • Côte d'Ivoire: la langue sokya sauvée par des missionnaires traducteurs [1/4]
    Mar 31 2025

    C'est l'une des langues les plus rares de Côte d'Ivoire : le sokya ne compte que 20 000 locuteurs. Cette communauté originaire de Vavoua, dans le centre du pays, redoute de voir son identité s'effacer à la faveur de l'exode rural. Pourtant, la langue n'est pas tombée dans l'oubli, en partie grâce à des missionnaires chrétiens qui ont contribué à le faire passer de l'oral à l'écrit.

    De notre correspondant à Vavoua,

    Stéphane, planteur de cacao, vit à Dédiafla, l'un des 13 villages de sa communauté. Les Sokyas y sont aujourd'hui minoritaires, car les jeunes partent, selon lui : « Ils vont s'installer en ville, parce qu'au niveau du village, il n'y a plus de forêt pour travailler. » L'exode rural fait craindre la disparition de la langue, jugée trop difficile, au profit du gouro et du français.

    Une Bible pour sauver la langue

    Pourtant, le sokya (également orthographié « sokuya ») perdure en partie grâce à un petit livre bleu : une traduction du Nouveau Testament. À l'origine de ce projet, il y a Philip Saunders, un missionnaire écossais arrivé en pays sokya dans les années 1970. « Il a commencé à interroger les anciens : "Est-ce que vous avez l'assurance que, dans dix ans, cette langue va continuer à être parlée ?" », confie le pasteur Ambroise Kalou.

    Ce dernier a fait partie de la douzaine de traducteurs qui ont assisté Philip Saunders : « Il a proposé de traduire et d'écrire afin que la langue soit préservée sur un support écrit. Nous nous sommes alors dits que si le Nouveau Testament était traduit en sokya, nous serions vraiment heureux d'avoir, nous aussi, notre propre version. »

    Un travail de fourmi

    Trente années ont été nécessaires pour transcrire plus de 2 000 mots de l'oral à l'écrit, à l'aide d'un alphabet spécial. La langue s'est même enrichie, selon Didier Bita, l'un des traducteurs.

    Les habitants sokyas de Dédiafla espèrent que leur langue survivra, à l'image d'Angéline : « Si la Bible est en sokya, alors les gens peuvent parler sokya. Le sokya existe. »

    À écouter aussiCôte d'Ivoire: quelles solutions face au déclin de la maîtrise des langues locales?

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  • Gabon: Wongo, le guerrier anti-colonial magnifié par général Oligui Nguema
    Mar 29 2025

    Considéré comme une icône de la lutte contre les colons, à la fin des années 1920, le guerrier Wongo mena une révolte du peuple Awandji dans la région de Lastourville, dans le centre du Gabon. Une figure patriotique aujourd'hui honorée par les militaires au pouvoir et les autorités de la transition.

    De notre envoyé spécial de retour de Lastourville,

    Actuellement emballée dans l'attente de sa réhabilitation, voilà 20 ans que la statue du guerrier Wongo, armé de son fusil, trône sur le rond-point de la mairie de Lastourville, au Gabon. Il y a près d'un siècle, c'est sur les collines, à une trentaine de kilomètres, que ce notable fédérait les Awandji contre l'administration coloniale qui exigeait, en plus des taxes, des livraisons obligatoires au marché de la ville. Enseignant originaire de la région, comme la présidente du Sénat Paulette Missambo dont il est le collaborateur, Jean-Paul Tiri a travaillé sur l'histoire de Wongo :

    « Il a été taxé d'indiscipliné et c'est comme ça que l'administration coloniale avait ordonné son arrestation. Et c'est comme ça qu'il s'est organisé précipitamment avec les gens qui étaient autour de lui. Il a conçu une armée et a résisté contre l'administration coloniale. Il a été inventif. Il était presque quelqu'un d'invisible, en fait. »

    Pendant un an et demi, les rebelles tiennent la dragée haute aux troupes coloniales. Ils creusent des tranchées dans les collines, emploient des méthodes de guérillas, utilisent les grottes de la région comme caches, rappelle Ulrich Shultz Bavekoumbou, originaire du même village et qui nous mène à celle de Ngongourouma, dans une zone inexpugnable : « C'est d'abord un lieu très caché. C'est un bunker naturel qui servait d'abri à la famille et à la descendance. Et lors de la guerre de Wongo, les familles se sont réfugiées dans ces grottes parce qu'on trouvait l'alimentation pour se nourrir. »

    Symbole d'une région

    La répression est brutale. Wongo finit par se rendre en août 1929. Il meurt lors de sa déportation vers Bangui. En mai 2024, le général Oligui Nguema vient à Lastourville lui rendre hommage et promettre la rénovation de la statue. Un motif de fierté pour Jean-Paul Tiri : « Parce qu'il symbolise toute une région, tout un pays et que nous sommes fiers d'avoir pu l'immortaliser par cette stèle. Il y a eu effectivement des ouvrages là-dessus, et l'histoire de Wongo a été contée pour les plus jeunes. Ce que l'on souhaite à travers cette statuette, c'est perpétuer cette figure emblématique. »

    Mais la mise en avant du guerrier Wongo n'est pas neutre. Le sociologue Joseph Tonda y voit un moyen, pour le chef de la transition, de revendiquer une filiation : « Cet épisode est très intéressant parce qu'il renvoie aux schèmes de pensée selon lequel nous ne sommes pas des nuls. On a lutté pour sauvegarder notre identité, défendre notre culture. La deuxième dimension, c'est l'identification au héros. Donc, c'est lui. »

    Plusieurs organisations gabonaises appellent à une réappropriation de l'histoire et à la mise en valeur de figures nationales comme Wongo ou Emane Ntole en pays Fang.

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  • Gabon: le général Oligui Nguema mène une campagne entre rupture et continuité
    Mar 29 2025

    La campagne officielle en vue de la présidentielle du 12 avril débute ce samedi 29 mars au Gabon. Huit candidats seront en lice, dont le chef de la transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Il a lancé pour la campagne le « rassemblement des bâtisseurs » pour sortir du cadre de l'ex-parti au pouvoir PDG. Pourtant, il n'hésite pas à revendiquer l'héritage d'Omar Bongo, dont il fut l'aide de camp pendant huit ans. Comme l'ex-président, à qui il est apparenté, Brice Clotaire Oligui Nguema vient de la province la plus orientale du pays, le Haut-Ogooué. Mais à Franceville, chef-lieu de la province, comme ailleurs au Gabon, les avis sont partagés sur cette succession, entre rupture et continuité.

    De notre envoyé spécial de retour de Franceville,

    Au moment de notre passage à Franceville, nous sommes à plus d'un mois de la campagne officielle. Pourtant, impossible d'ignorer que le chef de la transition sera bientôt candidat. Le général Oligui Nguema s'affiche sur tous les boulevards, et les rassemblements d'associations de soutien, créées pour l'occasion, se multiplient. En ce samedi début mars, plusieurs centaines de femmes en t-shirts blancs comme Imelda, une infirmière en formation, ont été convoyées des localités du Haut-Ogooué.

    « On veut qu'ils posent sa candidature pour voter pour lui, parce qu'on voit déjà ce qu'il fait. Ça lui prouve déjà qu'il a l'amour de la population et il a pitié de la jeunesse. (...) Il change, il construit. On a vu comment il construit déjà les maisons, les routes, surtout dans mon village. On voit les merveilles qu'il fait déjà là-bas. Ça me prouve déjà qu'il adore sa population. »

    Ornières bouchées, nouveaux boulevards terrassés, façades en réfection, écoles réapprovisionnées... Les marques du CTRI, le Comité militaire qui a renversé Ali Bongo, sont partout à Franceville. Dans les collines environnantes, les nouvelles villas fleurissent et les projets laissés en suspens reprennent. Mais tout le monde n'est pas convaincu par la frénésie de béton qui a gagné la transition.

    « Ce sont des opérations de charme »

    Guy-Roger Mangonda est professeur dans un lycée de la ville : « À chaque période électorale, on a souvent vu la même chose. Ce sont des opérations de charme. Ali Bongo, quand il est arrivé, disait qu'il était un bâtisseur. Il a commencé à faire ce que M. Olivier est en train de faire, et après, on a compris que ce n'était pas finalement un bâtisseur. Les gens qui ont accompagné Bongo père, ce sont les mêmes qui ont accompagné Bongo fils. Ce sont les mêmes qui accompagnent Oligui. Et pourtant, M. Oligui a dit que ce sont eux qui ont fait tomber le Gabon. Il n'y a rien qui est restauré. »

    Un constat que partage Marcel Libama. Leader syndical, député de la transition, il espérait lui aussi une rupture plus nette : « Mais à l'évidence, nous nous rendons compte qu’il y a une continuation. Ce sont les mêmes choses, les mêmes façons de faire, les mêmes réflexes. Donc, il y a un paradoxe entre ce qui se passe sur le terrain et la gestion, les gestionnaires du pays. Ça nous laisse pantois, dubitatif. Et on s'est dit, ''mais qu'est-ce ce qu'on veut ?''. »

    Malgré ses réserves, et comme la quasi-totalité des cadres de l'ancien pouvoir, des ex-opposants et des figures de la société civile, Marcel Libama a intégré la campagne Oligui Nguema dans le Haut-Ogooué.

    À lire ou à écouter aussiGabon: «Un général qui a fait un coup [d’État] n’a peur de personne», dit le président Oligui Nguema

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  • Avec l'inflation, le ramadan pèse lourd sur le portefeuille des Tchadiens
    Mar 27 2025

    Les Tchadiens doivent faire face à la flambée des prix en cette période de ramadan. Pourtant, en février dernier et en prévision du début du mois de jeûne, le ministère en charge du Commerce a interpellé les opérateurs économiques pour les inciter à baisser les prix des denrées alimentaires. Mais malgré cela, de nombreux habitants de la capitale se plaignent d’avoir vu les prix de plusieurs aliments essentiels, notamment l’huile, le sucre ou encore le poulet augmenter tout au long du mois.

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  • RDC: des prothèses sur mesure fabriquées avec une imprimante 3D pour des patients amputés
    Mar 26 2025

    En République démocratique du Congo, une équipe de kinésithérapeutes et d’orthopédistes refont marcher les patients qui ont été amputés d’un membre grâce à des prothèses. Particularité : elles sont fabriquées sur mesure, imprimées en 3D et sur place à Kinshasa dans des temps records. Un enjeu médical pour les patients bien sûr, mais aussi de société dans un pays où les personnes à mobilité réduite sont souvent marginalisées.

    De notre correspondante à Kinshasa,

    Erick Mbuyi, orthoprothésiste, est en pleine séance de rééducation. Devant lui, sa patiente réapprend à marcher avec une prothèse de jambe. Les mains agrippées à deux barres de maintien, Meda se familiarise avec sa nouvelle prothèse. À 10 ans, la jeune fille a perdu sa jambe après avoir été percutée par une voiture.

    Un large sourire aux lèvres, elle enchaîne les exercices, qui lui donnent l’espoir de pouvoir jouer à nouveau avec ses copines à l’école. « Quand on sort en récréation, moi, j’assiste, je regarde seulement quand mes amis jouent. Mais quand je vais prendre les prothèses, moi aussi, je vais commencer à jouer, se réjouit-elle, je vais commencer à danser, je vais tout faire ».

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    Des prothèses moins chères et plus confortables

    Dans ce centre de Kinshasa, les prothèses sont conçues sur place et en moins de 48 h grâce à un simple téléphone qui scanne en 3D les moignons du patient. Martin Babadi, orthoprothésiste, fait une démonstration : « C’est de cette façon-là que je prends des mesures sur les patients, sans utiliser le plâtre, sans utiliser le mètre ruban. Mais avec le scan, avec les téléphones. Je prends mon scan et puis c’est fini », montre-t-il. Les mesures sont ensuite modélisées sur un logiciel et une fois validée, l’emboiture de la prothèse est imprimée en 3D.

    Avec cette technologie, les prothèses sont plus confortables et trois fois moins chères que les prothèses conçues dans des centres publics, grâce à des financements partenaires. C’est ce qui a motivé cet ancien judoka venu pour sa première consultation : « Ici, on peut me faire une prothèse de qualité, c’est pourquoi je me suis présenté. Aujourd’hui, j’ai des prothèses, mais ça ne convient pas, regrette-t-il. On vous donne ça, mais vous n’arrivez pas à marcher avec ça. Et ça me permettra aussi de faire des mouvements sans béquilles. »

    En moins d’une année, l’entreprise a déjà appareillé plus de 150 patients.

    À écouter dans Autour de la questionDepuis quand et comment réparer les vivants ?

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