• Questions d'environnement

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Questions d'environnement

By: RFI
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  • La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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Episodes
  • Pourquoi l'OFB, la police de l'environnement en France, est une cible?
    Apr 3 2025
    La justice a ouvert une enquête après la diffusion d'une vidéo simulant le meurtre d'un agent de l'Office français de la biodiversité par un agriculteur. L'OFB, régulièrement visé par des attaques, semble le bouc-émissaire facile de la crise du monde agricole. C'est une vidéo presque passée inaperçue la semaine dernière en France. Et pourtant, c’est une simulation de meurtre. Le meurtre d’un agent de l’OFB, l'Office français de la biodiversité, par un agriculteur. « Tu veux la prendre, la pelle dans ta gueule ? », menace l'agriculteur. Dans l'image suivante, on découvre le policier de l'environnement enterré dans un champ. Cette vidéo, produite par le syndicat Les Jeunes Agriculteurs du département de la Manche, a vite été retirée des réseaux sociaux par ses auteurs, qui ont plaidé l'humour – c'est vrai que c'est drôle (non).À lire aussiL'Office français de la biodiversité dans l'œil du cyclone face à la colère des agriculteursLa justice a ouvert une enquête pour « outrages et actes d'intimidations vis-à-vis d'agents dépositaires de l'autorité publique ». Mais dans la classe politique, après cette nouvelle attaque contre l'OFB, il y a eu très peu de condamnations. « Ce qui est peut-être aussi choquant que ces appels au meurtre, c'est l'absence de réaction politique, juge la cheffe du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, l'une des rares à s'être exprimées après la révélation de la vidéo. On peut même dire qu'il y a une incitation politique à s'en prendre aux agents de l'OFB. Je pense qu’aucun corps de fonctionnaires de ce pays n'a été comme ça, livré en pâture par un Premier ministre dans son discours de politique générale. »« Une arme à la ceinture »C'était en janvier dernier. Dans son discours d'une heure et demie devant l'Assemblée nationale, François Bayrou avait consacré deux minutes à la crise climatique avant de cibler la police de l’environnement : « Quand les inspecteurs de la biodiversité viennent inspecter les fossés ou les points d'eau avec une arme à la ceinture dans une ferme déjà mise à cran par la crise, c'est une humiliation. Et c'est donc une faute », déclarait le premier ministre sous les applaudissements de la droite et de l'extrême droite. Mais s'il y a faute, c'est celle du premier ministre qui l'a finalement reconnue en envoyant une lettre d’excuses à l’OFB. Ces quelques mois, une quarantaine de cas d'agressions ou de dégradations ont été recensées.L'OFB est né de la fusion en 2020 de l'Agence française de la biodiversité et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage qui assurait alors des missions de police de l'environnement. Les agents de l'OFB sont donc des policiers (avec des pouvoirs de police administrative et judiciaire), et c'est la raison pour laquelle ils portent « une arme à la ceinture ». « Il est tout à fait légitime que nous soyons armés face à des personnes également armés, notamment les chasseurs. C'est un métier qui peut être dangereux. Nous avons déjà eu des décès dans nos fonctions. Nous avons une stèle avec plus de 80 noms d'agents qui sont morts en service », précise Concha Agero, directrice adjointe de l’OFB pour la région Provence Alpes Côte d’Azur et Corse.Bouc-émissaireFaut-il s'étonner que dans ce contexte de tensions entretenu par des agriculteurs, une vidéo au contenu si violent ait suscité une telle indifférence ? La même vidéo sur le meurtre d'un agent de la police nationale aurait fait la une des journaux et provoqué des débats enflammés sur les chaines d’informations. « C'est comme si l'OFB n'était pas une vraie police parce qu'il y a biodiversité dans le titre. Et donc comme ça concerne l'environnement, ce n’est pas une autorité sérieuse, décrypte Marine Tondelier. On conteste cela chez les écologistes, on protège tous les fonctionnaires. Je rappelle d'ailleurs que s'ils font des choses qui ne plaisent pas aux agriculteurs, ils le font sous l'autorité de l'État. Donc, si ce sont les lois qui ne vont pas, il faut changer les lois. Mais je pense que ces lois sont indispensables et sont même vitales. »À lire aussiFrance: les agents de la biodiversité, en grève, réclament soutien et sécuritéLes fonctionnaires de l’OFB ne sont d’ailleurs pas que des policiers. Il n’y’a pas que de la répression. Il y a aussi de la prévention, ainsi que « des missions de connaissances. Nous sommes chargés du suivi de certains écosystèmes, de certaines espèces. L'OFB gère aussi des espaces naturels protégés », précise Concha Agero. L’OFB protège l’environnement et ses agents sont des vigies de la nature.Mais face aux attaques répétées du monde agricole (et politique), l'OFB apparait peut-être comme le bouc-émissaire d’une contestation générale des normes environnementales. « Ce n'est pas forcément envers nous, pense Concha Agero. ...
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    4 mins
  • La guerre commerciale de Donald Trump est-elle une bonne nouvelle pour le climat?
    Apr 2 2025
    Les nouveaux droits de douane annoncés par le président des États-Unis contre de nombreux pays entrent en vigueur mercredi 2 avril. Les effets attendus d'une possible baisse des échanges internationaux sur les émissions de CO2, responsables du réchauffement climatique, s'annoncent mitigés. La question n'intéresse certainement pas Donald Trump. Alors qu'il s'apprête à annoncer des droits de douane tous azimuts contre de nombreux pays, les effets d'une guerre commerciale sur le climat et les émissions de gaz à effet de serre responsables de la crise climatique ne sont évidemment pas la priorité du président des États-Unis. Ce qui l'intéresse, c’est « la libération de l’Amérique », comme il le répète depuis plusieurs semaines : « C'est le début du jour de la libération en Amérique. On va faire payer les pays qui nous prennent nos richesses, les pays amis et ennemis, et franchement les amis ont souvent été bien pires que les ennemis. »Le président des États-Unis plonge le monde dans l’incertitude et l’économie n’aime pas cela. L’Europe révise déjà à la baisse ses prévisions de croissance : -0,3 points de PIB, selon la présidente de la Banque centrale européenne (BCE). « Personne ne gagne à une guerre commerciale. Personne », martelait la présidente de l'institution Christine Lagarde sur la radio France Inter.Mais la planète, elle, aurait-elle quelque chose à y gagner ? La réponse est compliquée, nuancée. Une certitude, au moins : moins de croissance, c’est moins de gaz à effet de serre. « Cette guerre commerciale de Trump, elle va bousculer un peu l'économie, confirme Christophe Gouel, directeur de recherche à l’Institut français pour l’agriculture et l’environnement (INRAE). Elle va amener en effet à du ralentissement aux États-Unis et en Europe. Et cela, mécaniquement, baisse les émissions. On l'a très bien vu avec la crise économique de 2008. On l'a très bien vu avec le Covid-19. À chaque fois, on a eu une baisse momentanée des émissions de CO2. » En 2020, pendant les confinements, les émissions de CO2, le principal responsable du réchauffement climatique, avaient baissé de 7 %. Soit du jamais vu, mais cela n’a pas duré bien longtemps.À lire aussiDroits de douane, barrières non tarifaires, mesures de rétorsion: les mots du protectionnismePas de baisse durableÀ cause des surtaxes douanières et d'une baisse possible de la croissance économique, le commerce international, qui représente un peu moins de 30 % des émissions de CO2, pourrait aussi ralentir, en lien aussi avec de possibles relocalisations. Quand on relocalise une usine, c’est du transport en moins, et ce n'est pas négligeable. Le transport des marchandises (par bateaux et camions) représente plus de 10 % des émissions de gaz à effet de serre. Mais tout n’est pas si simple. « La Chine est globalement un pays qui est assez polluant par dollar de production. Donc une relocalisation dans ce sens-là peut avoir un effet positif, explique Christophe Gouel, qui est aussi conseiller scientifique au CEPII, le Centre d’études prospectives et d'informations internationales. Mais cela ne garantit absolument pas qu’il y ait moins d'émissions. Si on relocalise des choses produites en France qui vont être produites aux États-Unis, globalement l'intensité carbone est plus élevée aux États-Unis. Même si on épargne en émissions liées au transport international, ce sera plus coûteux en émission de CO2. » Avec la guerre commerciale, les préoccupations climatiques pourraient aussi passer en arrière-plan. L’Europe, par exemple, et elle a déjà commencé à le faire, pourrait encore assouplir ses normes environnementales pour ne pas pénaliser ses entreprises mises en difficulté par les barrières douanières. Il ne faut donc pas espérer de miracle pour la planète. « Je ne m'attends pas à ce que cette guerre commerciale amène à une baisse durable des émissions parce que ce n’est pas du tout son objectif », estime Christophe Gouel.En réalité, l’effet Trump sur le climat se mesure d’abord dans ses politiques anti-climat. « Plus que la guerre commerciale, ce qui va davantage compter à long terme, ce sont les déréglementations environnementales, les autorisations de forage dans les zones protégées ou la sortie de l'Accord de Paris. » Donald Trump n’aime pas le climat, et le climat n’a toujours aucune raison d’aimer Donald Trump.À lire aussiClimat : «Le monde est plus incertain qu'il y a huit ans, quand Trump était sorti» de l'accord de Paris
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    3 mins
  • Stars et climat: à quoi sert Leonardo DiCaprio?
    Mar 31 2025
    L'acteur phare de Titanic devrait signer aujourd'hui le manifeste pour les océans publié lors du sommet SOS Océan, organisé à Paris par Emmanuel Macron. Un message vidéo sera aussi lu par une autre vedette d'Hollywood, Harrison Ford. Mais quelle est l'influence réelle des célébrités qui s'engagent dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Sa venue à Paris fut un temps espérée. Mais ce n'est finalement que par sa signature au bas d'un manifeste que Leonardo DiCaprio sera présent au sommet SOS Océan organisé hier soir et ce matin à Paris par Emmanuel Macron, quelques mois avant que Nice, dans le sud de la France, n'accueille en juin la 3e Conférence des Nations unies sur les océans (UNOC). Le « bogosse » de Titanic est l’une des stars les plus engagées pour l'environnement. L'une de ses dernières prises de parole politiques remonte à la présidentielle des États-Unis. Il appelle à voter pour Kamala Harris, et son principal argument contre le climato-négationniste Donald Trump, c'est la planète. « Donald Trump continue de nier les faits. Il a sorti les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et il a fait reculer la protection de l’environnement. Le changement climatique tue la Terre et ruine notre économie », avertit-il dans une vidéo publiée une semaine avant le scrutin.Son engagement en faveur de l'environnement ne date pas d'hier ni de la dernière présidentielle américaine. Il y a plus de 25 ans déjà, il créait une fondation, qui porte son nom, en toute simplicité. Côté cinéma, il a produit plusieurs documentaires consacrés à la crise du climat et de la biodiversité (La 11e heure et Le Déluge). On se souvient aussi de son rôle dans le film Don’t look up, une métaphore sur le déni de la crise climatique. Il jouait un scientifique qui parle dans le vide – et on espère que ce n’est pas le sort de cette chronique.« Se bouger le cul »Autre star annoncée au sommet SOS Océan, un autre acteur américain : Harrison Ford, présent via une vidéo dans laquelle il appelle à l'action contre le changement climatique. « Personne d'autre ne viendra nous sauver. Mettons-nous au travail », devrait dire l'interprète d'Indiana Jones. Un message qu'il assenait déjà il y a deux ans. « Si on ne se bouge pas le cul maintenant, on va perdre cette planète », lançait-il sur France 2 en plein Festival de Cannes.En France, même si on n’a toujours pas de pétrole, on a les actrices Marion Cotillard et Mélanie Laurent pour défendre l'environnement. En 2015, quelques mois avant la COP21 et la signature de l'Accord de Paris, François Hollande les avait embarquées comme super attachées de presse du climat. Pour un président français, comme Emmanuel Macron aujourd'hui, c'est sans doute chic d'avoir des stars à ses côtés, Mais est-ce efficace ? Il y a parfois une petite contradiction entre le discours de ces stars sur la crise climatique, et leurs actes. « À quel moment les célébrités portent-elles un message de sobriété ?, s'interroge le chercheur en sciences politiques Florent Gougou. Leurs déplacements sont tout sauf sobres. Leur style de vie est tout sauf sobre. Un exemple typique de ça, c'est Lewis Hamilton, le champion de Formule 1 qui est végan. Ok, il est végan, très bien, et en même temps il conduit des Formule 1, ces Formule 1 dont on sait qu'elles sont transportées entre chaque Grand prix par des avions ». Les avions, Harrison Ford les adore. Il en possède six, dont un jet privé... Quant à Leonardo DiCaprio, on le voit régulièrement dans la presse people se pavaner sur des yachts qui crament 500 litres de diesel à l’heure. Influence relativeDans une époque où la parole des élites a de moins en moins de poids, l'influence des célébrités doit être relativisée. « L'information sur les connaissances scientifiques liées aux transformations du climat et à la chute de la biodiversité d'une part, l'expérience réelle de ses effets d'autre part, comme le réchauffement des températures pendant l'été ou les tensions sur la ressource, ont bien plus d'effet sur les prises de conscience des individus que l'engagement de telle ou telle célébrité », estime ainsi Florent Gougou, qui a travaillé sur l’opinion publique face à la crise climatique. On imagine qu’Emmanuel Macron adorerait faire un selfie avec Leonardo DiCaprio. Ça fait toujours son petit effet, ça fait parler. La présence de people suscite toujours davantage de reprises médiatiques. Ça fait écrire des papiers. C’est d’ailleurs ce qu’on vient de faire…
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