• La guerre commerciale de Donald Trump est-elle une bonne nouvelle pour le climat?

  • Apr 2 2025
  • Duración: 3 m
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La guerre commerciale de Donald Trump est-elle une bonne nouvelle pour le climat?

  • Resumen

  • Les nouveaux droits de douane annoncés par le président des États-Unis contre de nombreux pays entrent en vigueur mercredi 2 avril. Les effets attendus d'une possible baisse des échanges internationaux sur les émissions de CO2, responsables du réchauffement climatique, s'annoncent mitigés. La question n'intéresse certainement pas Donald Trump. Alors qu'il s'apprête à annoncer des droits de douane tous azimuts contre de nombreux pays, les effets d'une guerre commerciale sur le climat et les émissions de gaz à effet de serre responsables de la crise climatique ne sont évidemment pas la priorité du président des États-Unis. Ce qui l'intéresse, c’est « la libération de l’Amérique », comme il le répète depuis plusieurs semaines : « C'est le début du jour de la libération en Amérique. On va faire payer les pays qui nous prennent nos richesses, les pays amis et ennemis, et franchement les amis ont souvent été bien pires que les ennemis. »Le président des États-Unis plonge le monde dans l’incertitude et l’économie n’aime pas cela. L’Europe révise déjà à la baisse ses prévisions de croissance : -0,3 points de PIB, selon la présidente de la Banque centrale européenne (BCE). « Personne ne gagne à une guerre commerciale. Personne », martelait la présidente de l'institution Christine Lagarde sur la radio France Inter.Mais la planète, elle, aurait-elle quelque chose à y gagner ? La réponse est compliquée, nuancée. Une certitude, au moins : moins de croissance, c’est moins de gaz à effet de serre. « Cette guerre commerciale de Trump, elle va bousculer un peu l'économie, confirme Christophe Gouel, directeur de recherche à l’Institut français pour l’agriculture et l’environnement (INRAE). Elle va amener en effet à du ralentissement aux États-Unis et en Europe. Et cela, mécaniquement, baisse les émissions. On l'a très bien vu avec la crise économique de 2008. On l'a très bien vu avec le Covid-19. À chaque fois, on a eu une baisse momentanée des émissions de CO2. » En 2020, pendant les confinements, les émissions de CO2, le principal responsable du réchauffement climatique, avaient baissé de 7 %. Soit du jamais vu, mais cela n’a pas duré bien longtemps.À lire aussiDroits de douane, barrières non tarifaires, mesures de rétorsion: les mots du protectionnismePas de baisse durableÀ cause des surtaxes douanières et d'une baisse possible de la croissance économique, le commerce international, qui représente un peu moins de 30 % des émissions de CO2, pourrait aussi ralentir, en lien aussi avec de possibles relocalisations. Quand on relocalise une usine, c’est du transport en moins, et ce n'est pas négligeable. Le transport des marchandises (par bateaux et camions) représente plus de 10 % des émissions de gaz à effet de serre. Mais tout n’est pas si simple. « La Chine est globalement un pays qui est assez polluant par dollar de production. Donc une relocalisation dans ce sens-là peut avoir un effet positif, explique Christophe Gouel, qui est aussi conseiller scientifique au CEPII, le Centre d’études prospectives et d'informations internationales. Mais cela ne garantit absolument pas qu’il y ait moins d'émissions. Si on relocalise des choses produites en France qui vont être produites aux États-Unis, globalement l'intensité carbone est plus élevée aux États-Unis. Même si on épargne en émissions liées au transport international, ce sera plus coûteux en émission de CO2. » Avec la guerre commerciale, les préoccupations climatiques pourraient aussi passer en arrière-plan. L’Europe, par exemple, et elle a déjà commencé à le faire, pourrait encore assouplir ses normes environnementales pour ne pas pénaliser ses entreprises mises en difficulté par les barrières douanières. Il ne faut donc pas espérer de miracle pour la planète. « Je ne m'attends pas à ce que cette guerre commerciale amène à une baisse durable des émissions parce que ce n’est pas du tout son objectif », estime Christophe Gouel.En réalité, l’effet Trump sur le climat se mesure d’abord dans ses politiques anti-climat. « Plus que la guerre commerciale, ce qui va davantage compter à long terme, ce sont les déréglementations environnementales, les autorisations de forage dans les zones protégées ou la sortie de l'Accord de Paris. » Donald Trump n’aime pas le climat, et le climat n’a toujours aucune raison d’aimer Donald Trump.À lire aussiClimat : «Le monde est plus incertain qu'il y a huit ans, quand Trump était sorti» de l'accord de Paris
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