• L'Arabie saoudite, un concurrent de l'Office chérifien des phosphates sur le terrain des engrais phosphatés

  • Mar 25 2025
  • Length: 2 mins
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L'Arabie saoudite, un concurrent de l'Office chérifien des phosphates sur le terrain des engrais phosphatés

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  • La recomposition du marché des engrais ces dernières années a confirmé l’Arabie saoudite comme un acteur majeur du secteur. Le royaume saoudien a lancé une stratégie de diversification de son économie et les engrais en font partie.

    Le prince héritier, et dirigeant de facto, Mohammed ben Salman travaille à réduire la dépendance de son pays à la rente pétrolière et les engrais font partie des alternatives économiques privilégiées. L’Arabie saoudite a tous les ingrédients pour réussir dans le secteur : des roches phosphatées qui, même si elles ne sont pas d’excellente qualité, peuvent être enrichies, de l’énergie à domicile avec le gaz fourni par Saudi Aramco, et du soufre.

    À coup de milliards de dollars, les autorités ont soutenu des alliances entre Ma'aden, l’opérateur minier du pays, SABIC un acteur de la chimie industrielle et Mosaic, le spécialiste américain du secteur. Ces alliances ont abouti à la mise en place d’une chaîne de production saoudienne d’acide phosphorique, d’acide sulfurique et d’ammoniac, des composants essentiels pour la fabrication d’engrais, comme l’explique une étude du cabinet Global Sovereign Advisory (GSA).

    Exportations comparables à celles du Maroc ou des États-Unis

    Selon cette étude, la part de l’Arabie saoudite dans le commerce mondial d’engrais a presque triplé entre 2019 et 2023 pour atteindre près de 6 %, avec près de 7 millions de tonnes exportées, tous types d’engrais confondus.

    Le royaume est devenu le deuxième exportateur de DAP — après le Maroc —, un engrais utilisé pour tous les types de cultures, et entend rester incontournable sur le marché de ces engrais phosphatés dans les prochaines années. Selon l’étude de GSA, Ma'aden a signé en janvier trois contrats avec une filiale d’une entreprise chinoise pour étendre deux de ses complexes industriels et augmenter les capacités de production du pays.

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    10 % de part de marché en Afrique

    L’Arabie saoudite produit essentiellement pour exporter et ne s’interdit pas d’aller sur le terrain de jeu de l’Office chérifien des phosphates (OCP), à savoir le continent africain. Son principal client est l’Afrique du Sud, mais le pays vend aussi au Kenya, à l’Algérie, à la Tanzanie et au Mozambique.

    Le royaume saoudien occupe 10 % de part de marché à ce jour en Afrique, selon l’étude de GSA, mais reste, pour des questions géographiques, implanté globalement en Afrique de l’Est, alors que le mastodonte marocain a su capter les acheteurs d’Afrique de l’Ouest.

    « L’OCP a évidemment encore plusieurs longueurs d’avance sur le continent, assure un négociant en engrais, mais l’Arabie saoudite est un concurrent qui monte et qui a les moyens d’être très compétitif grâce à ses matières premières ».

    Hors Afrique, l’Arabie saoudite exporte le gros de ses engrais dans les pays asiatiques, en Inde, en Thaïlande, au Bangladesh ou encore au Pakistan. Le Brésil est aussi un de ses clients importants.

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