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  • Aleksandar Vucic, le président serbe face à une contestation sans précédent
    Mar 14 2025
    La Serbie retient son souffle à la veille d’une manifestation contre la corruption qui s’annonce massive. À l’appel des étudiants serbes qui se mobilisent depuis novembre dernier, des centaines de milliers de personnes sont attendues à Belgrade ce samedi 15 mars, avec le risque d’un embrasement entre partisans et adversaires du président serbe. C’est un mouvement de contestation massif qui s’est emparé de la Serbie depuis plusieurs mois, avec comme point de départ l’incident tragique de la gare de Novi Sad le 1er novembre dernier. L’effondrement de l’auvent de la gare, qui venait tout juste d’être rénové, a fait 15 morts et suscite une émotion et une indignation majeure en Serbie. « Cet incident meurtrier est un catalyseur extrêmement fort parce qu’il concentre tout ce que le régime commet en termes de violations de l'État de droit, en termes de pratiques clientélaires, en termes de corruption endémique », pointe Sophie Gueudet, chercheuse à l’École supérieure Sant’Anna de Pise et spécialiste des Balkans. Ce sont les étudiants serbes qui vont prendre la tête de cette contestation avec un blocage des universités et des manifestations de plus en plus massives.Une mobilisation qu’Aleksandar Vucic ne parvient pas à endiguer malgré les concessions accordées au fil des mois : l’inculpation d’une douzaine de responsables, la démission du Premier ministre et la publication d’une partie des contrats passés avec l’entreprise chinoise chargée des travaux. D’un côté, Aleksandar Vucic tente d'apaiser la colère et de l’autre, il essaie de décrédibiliser la contestation. « C'est vraiment un registre de l'exercice du pouvoir par le régime Vucic : essayer de tourner en dérision les contestataires en les faisant apparaître comme des fauteurs de trouble, qu’il s’agisse de manifestants écologistes comme par le passé, ou des étudiants dans le cas présent », décrypte Sophie Gueudet. « Vous avez aussi l'emprunt par le régime d’Alexander Vucic de toute une rhétorique empruntée à la Russie de Vladimir Poutine : qualifier ces mouvements de "révolution de couleur", qualifier les manifestants "d'agents de l’étranger" de sorte à disqualifier la légitimité de leurs revendications. »À lire aussiSerbie: à Belgrade, qui se prépare à accueillir une manifestation d'envergure, la tension monte Rallier les zones ruralesAleksandar Vucic est au pouvoir depuis 2014 en tant que Premier ministre puis en tant que président et il a affronté déjà plusieurs mouvements de contestation, mais jamais de cette ampleur. Avec une difficulté de taille : les étudiants serbes ont pris le soin d’aller mobiliser dans les zones rurales traditionnellement proches du président serbe en organisant des marches de plusieurs centaines de kilomètres en amont des manifestations. « Le fait d'aller chercher les campagnes, c'est vraiment l’idée de mobiliser l'ensemble de la société », souligne Pauline Soulier, chercheuse associée à l’Institut de Recherche Montesquieu à l’Université de Bordeaux. « Et dans les campagnes, il y a quand même un ralliement plus fort à Aleksandar Vucic… Pour l'instant, cela fonctionne : les étudiants sont très bien accueillis dans les petites et moyennes villes. Les gens leur apportent leur soutien, de la nourriture et des médicaments. »Une Église orthodoxe diviséeFace à cette contestation sans précédent, Aleksandar Vucic conserve cependant des atouts importants. Aujourd’hui âgé de 55 ans, le président serbe a été ministre de Slobodan Milosevic et a commencé sa carrière au sein de la mouvance ultra-nationaliste. Admirateur déclaré de Vladimir Poutine, il exerce un contrôle étroit sur l’appareil d’État et sur les médias. Il a également le soutien de l’Église orthodoxe serbe. Pour le moment en tout cas, car cette Église qui peut jouer un rôle politique crucial en Serbie est divisée face à la contestation. « Les étudiants en théologie ont d’abord rejoint le mouvement, mais ils ont rapidement été sommés de se retirer », observe Pauline Soulier. « Néanmoins, le bas-clergé est plutôt favorable au mouvement étudiant, tandis que le haut-clergé soutien le président serbe, et notamment le patriarche qui est proche idéologiquement de Vucic. Il y a donc vraiment un tiraillement au sein de l'Église entre les partisans de Vucic et les partisans des manifestants. »La mobilisation qui aura lieu demain s’annonce en tout cas décisive – car les étudiants veulent en faire le point d’orgue de leur mobilisation. De son côté, Aleksandar Vucic a demandé à ses partisans de se mobiliser également dans les rues de Belgrade, accusant ses opposants de vouloir provoquer des violences. Pas question pour le président serbe de renoncer au pouvoir et d'envisager, comme le demande l'opposition, la formation d'un gouvernement de transition. À ...
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  • Christian Stocker, un «quasi-inconnu» à la tête de l’Autriche
    Mar 7 2025
    L’Autriche a un nouveau chancelier et un gouvernement en ordre de marche depuis cette semaine et c’est la fin d’une crise politique sans précédent pour le petit pays alpin. Après cinq mois de négociations et de blocage, c'est un député quasiment inconnu du grand public qui a été désigné chancelier. Christian Stocker aura la rude tâche de conduire la coalition tripartite formée par les conservateurs, les socialistes et les libéraux. Avec une ambition : tenir à l'écart du pouvoir une extrême droite autrichienne en pleine ascension. Tout commence par les élections législatives de septembre en Autriche et le résultat historique du parti FPÖ (extrême-droite) qui arrive en première position avec 29% des voix. Pour lui barrer la route, les conservateurs de l’ÖVP tentent de monter une coalition avec les socialistes et les libéraux… sans y parvenir. Au bout de quatre mois de tractations, et en désespoir de cause, les conservateurs se tournent vers Christian Stocker qui est alors le secrétaire général de l’ÖVP. Cet ancien avocat de 64 ans est un homme politique discret dont très peu de monde avait jusqu’alors entendu parler.« Il a commencé sa carrière au niveau national assez tard puisqu'il a été élu député pour la première fois en 2019 », rappelle Andreas Eisl, chercheur à l’Institut Jacques Delors. « Avant cela, il a fait une carrière d’avocat, avec parallèlement un travail politique essentiellement au niveau local. » Maire adjoint de Wiener Neustadt, petite ville autrichienne d’environ 40 000 habitants, Christian Stocker n’a aucune expérience gouvernementale, et ne brille ni par son charisme ni par ses talents d’orateur. Sa seule particularité est d’apprécier la pêche à la ligne et le saxophone. « Si on le compare avec des personnages comme le conservateur Sebastian Kurz qui a été chancelier de 2017 à 2021, il n'a pas vraiment l'air d'être charismatique », pointe Andreas Eisl. « Je pense qu’au début ce n’était pas vraiment prévu qu’il devienne chancelier. » Chancelier « par défaut »Lui-même a été le premier surpris de se retrouver dans cette position. Christian Stocker raconte d’ailleurs qu’en janvier, lorsqu’il apprend qu’il va diriger les négociations pour tenter de devenir chancelier, il est à Vienne en jeans et en pull-over et qu’il doit donc demander en catastrophe à ce qu’on lui apporte un costume et une cravate ! L’ancien avocat est un candidat par défaut, « un pis-aller » peut-on lire dans la presse autrichienne. Dans un premier temps, il surprend et suscite même l’indignation en tentant de négocier avec l’extrême droite. Ces pourparlers n’aboutissent pas, mais il parvient ensuite à mettre d’accord les socialistes et les libéraux et réussit là où le chancelier sortant, Karl Nehammer, avait lamentablement échoué. Ses talents de négociateur et son sens du compromis ont sans doute joué un rôle, mais Christian Stocker a aussi largement bénéficié du contexte et notamment du contexte international. « D'abord, il n'était pas possible qu'il échoue à nouveau », décrypte Jérôme Segal, enseignant et chercheur franco-autrichien. « Le pays était en crise depuis 154 jours. Il n'y avait pas de gouvernement, c’était simplement une gestion des affaires courantes. Et les événements internationaux avec les premières décisions de Trump et la guerre en Ukraine rendaient vraiment nécessaire qu'un gouvernement soit nommé. »À lire aussiAutriche: trois partis annoncent un gouvernement pro-européen et sans l'extrême droiteL’extrême droite en embuscadeChristian Stocker parvient donc à un compromis avec les socialistes et les libéraux du parti Neos, chacun obtenant des concessions permettant de passer outre leurs divergences initiales. Les conservateurs engrangent des mesures fortes sur l’immigration – avec la suspension du regroupement familial, les socialistes obtiennent le plafonnement des loyers, et les libéraux une augmentation des cotisations de retraite. L’enjeu pour le nouveau chancelier sera de maintenir en vie ce « mariage à trois », cette coalition tripartite qui n’a jamais eu de précédent en Autriche. « Cette coalition va bénéficier forcément d'un état de grâce pendant les quelques semaines ou mois à venir et je pense que les Autrichiens vont vouloir juger sur pièce », estime Jérôme Segal. « Mais en embuscade se trouve déjà le FPÖ : ils ont obtenu 29% en septembre et les sondages actuels montrent qu'ils continuent de monter et qu’ils sont déjà au-dessus de 30%. Donc, il n'y aura aucun cadeau fait par l'extrême droite face à ce gouvernement de coalition. »L’extrême droite autrichienne réclame déjà, d’ailleurs, des élections anticipées, dénonce un « gouvernement de perdants » et se dit prête à revenir aux urnes dès que possible. Le FPÖ parie pour cela sur les questions budgétaires, défi ...
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  • Les attaques trumpistes, énième défi pour le président Zelensky
    Feb 21 2025
    À quelques jours du troisième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, Volodymyr Zelensky voit son principal allié le traiter de « dictateur sans élection », et assiste impuissant à la reprise de contact entre Washington et Moscou. Une débâcle diplomatique pour le président ukrainien qui voit s’effondrer les unes après les autres toutes les lignes rouges qu’il avait fixées sous l’administration Biden. Volodymyr Zelensky aura tout fait pour amadouer Donald Trump depuis qu’il a remporté l’élection présidentielle afin d'éviter un lâchage américain et le scénario auquel on assiste actuellement. Multipliant les déclarations flatteuses pour le président américain, promettant un accès privilégié des États-Unis aux terres rares ukrainiennes… L’offensive de charme n’a pas fonctionné et s’est même soldée par un fiasco absolu. En quelques jours, le président ukrainien a assisté impuissant au franchissement, par son meilleur allié, de toutes les lignes rouges qu’il avait fixées et que soutenait la précédente administration américaine. Washington exclut l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan sans lui apporter de garanties de sécurité, qualifiant « d’illusoire » la possibilité pour l’Ukraine de revenir à ses frontières de 1991. En outre, les États-Unis acceptent de parler à Moscou sans convier l’Ukraine à la table des négociations.Un coup de massue pour les Ukrainiens et pour leur président. « Volodymyr Zelensky est tout simplement sous le choc de ce qui est en train de se passer, souffle la journaliste Alya Shandra, rédactrice en chef du site Euromaidan Press. C’est une véritable douche froide. Nous savions que Trump pouvait être néfaste pour l’Ukraine, mais personne n’imaginait que cela irait aussi vite. Son administration a une approche prédatrice vis-à-vis de l’Ukraine et de ses ressources, et je pense qu’il n’y a rien que Zelensky puisse faire actuellement pour changer la situation. »Un président marqué par la guerreUn Volodymyr Zelensky impuissant face au dirigeant américain et qui accuse le coup après trois années de guerre menée par la Russie. L’évolution physique du président ukrainien depuis bientôt quatre ans en dit long sur la fatigue éprouvée par le président ukrainien. Sur les images, le contraste est frappant entre le comédien souriant, élu en 2019 à l’âge de 41 ans, et le président de guerre qu’il est devenu.« L'absence de sommeil, les mauvaises nouvelles qui s'accumulent, le niveau d'inquiétude et d'angoisse qui peut être celui d'un président qui a refusé de fuir Kiev dans les premiers jours de guerre, tout cela a dû peser très lourd sur ses épaules, note Florent Parmentier, spécialiste de l’Europe de l’Est et secrétaire général du Cevipof. Incontestablement, c'est un homme qui a dû faire des choix terribles et qu'on ne souhaiterait à personne d'avoir à faire. Il est aujourd’hui dans une situation où il est lâché par ses partenaires internationaux et où il fait, en outre, l’objet de critiques sur le plan intérieur. »Décisions contestéesCar ce président, usé par la guerre et lâché par son principal allié, traverse également une phase difficile sur la scène intérieure. Certaines de ses décisions ont fait l’objet de critiques acerbes. Notamment le limogeage de Valery Zalounjy, le très populaire chef des armées, nommé ambassadeur au Royaume-Uni, ainsi que sa propension à de concentrer les pouvoirs au sein de son cabinet. De même, les sanctions prises contre Petro Porochenko ont suscité de nombreuses réserves au sein de la classe politique ukrainienne et de la société civile. Président ukrainien de 2014 à 2019, l’homme d’affaires s’est vu interdit de quitter le territoire ou d’apparaître à la télévision, ce qui a été interprété comme une forme de punition politique de la part de son successeur.« Avant l’invasion à grande échelle en 2022, l’administration Zelensky avait déjà lancé des poursuites contre Porochenko, mais avec la guerre, il y a eu une sorte de trêve parce qu’il fallait rester unis face à l’agresseur, décrypte la journaliste Alya Shandra. Puis il y a eu ces sanctions qui ont mis fin à cette trêve. Certains y voient une façon de préparer d’éventuelles élections, mais c’est étrange, car Porochenko est très bas dans les sondages. Cela ressemble plutôt à la continuation d’une vendetta personnelle contre lui. »L’offensive verbale de TrumpPour la Russie de Vladimir Poutine, l’impopularité supposée de Volodymyr Zelensky et le report sine die des élections rendent illégitimes le président ukrainien. Des accusations infondées dans la mesure où l’Ukraine ne peut organiser de scrutin tant que la guerre se poursuit, et que son territoire est partiellement occupé. Mais qui sont pourtant reprises telles quelles par Donald Trump,...
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  • Allemagne: clap de fin pour Olaf Scholz?
    Feb 14 2025
    Dimanche 23 février, les électeurs allemands voteront dans le cadre des élections fédérales anticipées suite à l’éclatement de la coalition « feu tricolore » emmenée par Olaf Scholz. Un scrutin qui pourrait bien rester dans les annales de la politique allemande, car si l’on en croit les sondages, l’AfD, l’Alternative pour l’Allemagne, formation d’extrême droite, pourrait devenir la deuxième force politique du pays. Un changement brutal après la chute du gouvernement d’Olaf Scholz, tête de liste du parti social-démocrate pour ces élections, pris de cours durant son mandat par un contexte géopolitique aux multiples impacts pour un pays qui voit ses certitudes s’effondrer les unes après les autres. Ces élections pourraient bien marquer la fin de la carrière politique d’Olaf Scholz. À soixante-six ans, le chancelier sortant, ancien ministre des Finances dans le dernier gouvernement d’Angela Merkel, qui fut également maire de Hambourg entre 2011 et 2019, pourrait bien tirer sa révérence si sa formation, le SPD, le Parti social-démocrate, subit une défaite historique, ce que prédisent les sondages.Une coalition vouée à l’échecIl faut dire que la coalition « feu tricolore » qu’il dirigeait, avec le Parti social-démocrate, les Verts et le Parti libéral-démocrate, était plus ou moins vouée à l’échec, surtout dans un contexte de crises énergétique, économique et géopolitique. ​​​​​​ « C'était une coalition un peu contre-nature, estime Étienne Dubslaff, docteur en civilisation allemande et en histoire contemporaine et maître de conférences à l'Université Paris Nanterre. Il y a bien certains points communs, notamment dans la politique sociétale — ce sont trois partis plutôt libéraux somme toute, ils sont favorables par exemple au mariage gay ou encore plus ou moins favorables à la légalisation du cannabis. C'est anecdotique, mais néanmoins, ça joue quand même un rôle. Donc, là-dessus, ces trois partis pouvaient tout à fait s'entendre. En revanche, il y a toujours eu de graves dissensions, notamment entre les Verts et les Libéraux, autour des questions économique et financière. »Le déficit public : un verrou qui a eu raison de la coalitionEt ce sont justement ces questions d’ordre économique et financière qui ont fait imploser la coalition. Les sociaux-démocrates et les Verts souhaitaient faire sauter le verrou de la dette publique, un thème tabou en Allemagne. Mais mettre fin à ce verrou était indispensable, selon Olaf Scholz, pour relancer l’économie allemande, qui pourrait connaître une troisième année de récession en 2025, ce qui serait une première.Mais son ministre des Finances, également chef du FDP, le parti libéral, était totalement opposé à cette idée contraire aux principes de son parti. Et c’est ce point de crispation qui a fait éclater en novembre dernier la coalition « feu tricolore ». Une situation dont n’est pas vraiment responsable Olaf Scholz, détaille Marie Krpata, chercheuse au Cerfa, le Comité d'études des relations franco-allemandes à l'Ifri : « Avant lui, Angela Merkel a été au pouvoir pendant seize ans. Et un certain nombre de décisions ont été prises qui finalement ont fragilisé l'Allemagne. Et cela ne date pas d’Olaf Scholz en tant que chancelier, puisqu'en effet, la dépendance par rapport à la Russie sur le plan énergétique, c'était bien avant Olaf Scholz. Sous Angela Merkel aussi, il y a eu un sous-investissement dans l'armée allemande et aujourd'hui, on se rend compte de l'impact négatif que cela peut avoir. Alors effectivement, les sociaux-démocrates ont aussi été au gouvernement sous Angela Merkel, mais il est un peu trop simple de dire que la faute finalement est celle d’Olaf Scholz. »À écouter dans DécryptageÉconomie, politique: la fin du modèle allemand?Olaf Scholz : un candidat hors sujet ?Fini donc la coalition « feu tricolore », et pourtant, Olaf Scholz décide malgré tout de prendre la tête de la liste du SPD pour les prochaines élections. Mais le problème, c'est que les thèmes qui lui sont chers ne sont pas les thèmes qui dominent la campagne électorale. L’Allemagne a besoin de relancer son économie, d’investir dans des secteurs clés selon lui, mais ce sont d’autres questions qui dominent les débats, comme l’explique Marie Krpata : « Le thème de l'immigration est aujourd'hui un des thèmes phares de cette campagne électorale, qui plus est après un certain nombre d'attaques au couteau et différents attentats qu'il y a pu y avoir précédemment. Ce sujet de l'immigration et ce sujet de la sécurité aujourd'hui domine cette campagne électorale, même si, évidemment, la question de l'économie, de la compétitivité joue un rôle, mais aussi l'ingérence étrangère, avec Elon Musk qui soutient l'AfD effectivement. » Alors, bien que donné vainqueur après le ...
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  • Législatives allemandes: la stratégie périlleuse du favori des sondages Friedrich Merz
    Feb 7 2025
    L’Allemagne est polarisée alors que la campagne des législatives anticipées entre dans sa phase finale. Le favori des sondages, le patron de la CDU/CSU, Friedrich Merz, fait face à un front de contestation, y compris au sein de son propre parti, depuis qu’il a tenté, à deux reprises, de faire adopter des mesures sur l’immigration avec les voix de l’AfD. En décidant de s’appuyer par deux fois sur l’extrême droite pour tenter de faire passer au Bundestag des textes contre l’immigration, Friedrich Merz a brisé un tabou et provoqué un séisme politique. Ses propositions de contrôles permanents aux frontières et de refoulement des demandeurs d’asile « sans-papiers » n’ont été adoptées qu’avec les voix de l’AfD. Jusque-là, aucun parti n’avait encore rompu le « cordon sanitaire » autour de l’extrême droite allemande.Dans un entretien à Ouest-France, le patron de la CDU répète qu’il exclut « toute coalition, tout arrangement, toute forme de coopération avec l’AfD ». Cela sera-t-il suffisant pour rassurer les électeurs modérés du parti ? « Il est très clair que la CDU et ses électeurs ne pourraient pas accepter une véritable alliance avec l’AfD, sous peine d’éclatement du parti. M. Merz le sait et il ne prendra pas ce risque », commente Éric-André Martin, spécialiste de l’Allemagne, ancien directeur de programme à l’Ifri. Mais en choisissant de mettre l’accent sur l’immigration et en faisant voter sa motion grâce aux voix de députés d’extrême droite, il a suscité des réactions hostiles dans l’opinion et provoqué des manifestations importantes dans le pays. « Il polarise et il rendra les choses plus difficiles pour lui s’il ressortait victorieux des élections », souligne Éric-André Martin. En dépit de ce faux pas, dont les conséquences pourront se mesurer le 23 février, Friedrich Merz et son Union chrétienne démocrate restent les favoris des sondages. Friedrich Merz conserve ses chances de prendre la place d’Olaf Scholz à la Chancellerie. Si la CDU/CSU continue de mener la course en tête, le durcissement du ton sur l’immigration, dans la foulée de l’attaque au couteau perpétrée le 22 janvier par un jeune Afghan à Aschaffenbourg, en Bavière, provoque de vives réactions. En faisant adopter une motion non contraignante sur l’immigration avec l’aide de l’extrême droite, puis en échouant à faire voter une proposition de loi visant à refouler tous les migrants à la frontière et à restreindre le regroupement familial, il semble avoir perdu des points. De 34-35 % d’intentions de vote, la CDU passe aujourd’hui à 29-30 %. À lire aussiAllemagne: mobilisation massive contre l'alliance entre la droite et l'extrême droiteCDU toujours en têteLe candidat des Verts à la chancellerie, le ministre de l’Économie Robert Habeck, cité par Deutschlandfunk, a déclaré qu’il ne pouvait pas imaginer que les événements de la semaine dernière « n’aient aucune influence sur la décision de vote des Allemands ». Face aux critiques et mouvements de protestation, lors du Congrès de la CDU lundi 3 février, Friedrich Merz a continué de se justifier : « La grande majorité de la population est d’accord avec nous que les choses ne peuvent pas continuer ainsi, par exemple, en matière de politique migratoire. La minorité sociale et politique, de plus en plus petite en Allemagne, se bat actuellement désespérément pour conserver son pouvoir de décision dans notre pays ». Ses prises de position divisent pourtant jusqu’au sein même de la CDU. À cette occasion, sa vieille rivalité avec Angela Merkel a refait surface. L’ancienne chancelière est sortie de sa réserve pour dénoncer le tournant pris par la droite allemande. « Il n’a pas pu éviter la confrontation avec les Merkeliens », souligne le politologue allemand Werner Patzelt, membre de la CDU, qui estime que les « chances de Friedrich Merz de sortir vainqueur de ce conflit » sont grandes.Douze députés chrétiens-démocrates ont pourtant refusé de voter une proposition de loi de la CDU aux côtés de l’AfD vendredi 31 janvier, faisant échouer d’adoption du texte. « Il a toujours critiqué la politique d’immigration d’Angela Merkel de même que sa politique sociale. Il a promis aux membres de la CDU de changer ce programme politique et c’est exactement ce qu’il a fait la semaine passée », avance le politologue, considéré comme un influenceur de la nouvelle droite, professeur de sciences politiques au Mathias Corvinus Collegium à Bruxelles, un établissement financé par l’État hongrois.Le rapprochement de circonstance du député de Rhénanie-du-Nord-Westphalie avec l’AfD risque de compliquer les choses, bien au-delà des tiraillements entre les divers courants du parti. Friedrich Merz doit s’attendre à ce que la constitution de coalitions soit délicate. Après ...
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  • Allemagne: Alice Weidel, l'inquiétant visage d'une extrême droite décomplexée
    Jan 31 2025
    À trois semaines des élections fédérales anticipées du 23 février en Allemagne, le parti chrétien-démocrate (CDU) est donné vainqueur dans les sondages, devant le parti d'extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) dirigé par Alice Weidel. Économiste de formation et présidente du parti d'extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) depuis plus de deux ans, Alice Weidel a su propulser son groupe politique sur le devant de la scène. Une première en Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale pour un parti d'extrême droite. Surnommée « la Dame de fer » ou encore « la princesse de glace », Alice Weidel incarne cette extrême droite allemande qui attire de plus en plus d’électeurs. Une extrême droite qui semble renier ses relents nazis tout en souhaitant mettre un terme à l’immigration en Allemagne. Allant même jusqu'à vouloir renvoyer les « immigrés » dans leur pays.À 45 ans, Alice Weidel, petite-fille de juge nazi, homosexuelle assumée, qui vit en couple avec une Suissesse d’origine sri-lankaise avec qui elle élève deux enfants, est en passe de provoquer un séisme sur la scène politique allemande. « Il n'y a pas une Madame Weidel, il y a plusieurs Madames Weidel, souligne Patrick Moreau, docteur en histoire, docteur d’État en sciences politiques et chercheur au CNRS. Elle évolue beaucoup à travers le temps. À l'origine, c'est une conservatrice tout à fait classique. Elle est sur une ligne traditionaliste, à part sa sexualité. Elle va commencer à se radicaliser en observant ce que faisait le FPÖ en Autriche, qui est en fait le modèle de l’AfD. C'est-à-dire une politique dans lequel le fait de monter au créneau et de sans arrêt s'attaquer au système permettrait de mobiliser de plus en plus de gens qui sont mal dans leur peau. »Savoir incarner les revendications de ses militantsCréé en 2013, l’AfD évolue donc, à partir de 2015, avec l’arrivée d’électeurs d’extrême droite. Une frange que certains appellent aujourd’hui les « racialistes », très présente dans l’ex-Allemagne de l’Est. Une évolution dont va s’accommoder Alice Weidel, qui assume son racisme, même si selon elle, il ne s’agit pas d’un racisme que l’on pourrait qualifier de primaire. « Elle considère que l'islam, l'immigration, les immigrés venus d'Afrique notamment, mais aussi du Moyen-Orient, vont l'empêcher d'assumer son mode de vie occidental, son homosexualité, son "féminisme" d'une certaine manière, puisqu’il s'agirait de population qui voudraient abaisser les femmes, les enfermées et qui seraient très rétrogrades sur les questions sociétales », détaille Paul Maurice, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Si tous les partisans de l’AfD ne partagent pas cette rhétorique, Alice Weidel colle parfaitement au sentiment collectif de cette formation. « Elle n'incarne pas la majeure partie des électeurs qui votent pour l’AfD, qui se trouvent majoritairement à l'est, qui sont des gens issus des catégories populaires, ou des classes moyennes, qui vont voir leur niveau de vie baisser avec l'augmentation des coûts de l'énergie. Elle est libérale, elle a travaillé pour des grandes entreprises multinationales, elle vit en Suisse pour ne pas payer d'impôts… Mais elle arrive malgré tout à incarner. Je pense qu'il y a aussi la capacité pour le parti lui-même d’incarner la seule alternative face aux politiques menées par les partis traditionnels et notamment par la coalition "feu tricolore" ces trois dernières années », poursuit Paul Maurice.L’AfD, futur élément central de la politique allemande ?L’AfD est aujourd’hui en position de force. Deuxième formation la plus plébiscitée par les électeurs derrière le parti Chrétien-démocrate (CDU), le parti d'extrême droite a bénéficié d’un coup de pouce inespéré d'une personnalité qui fascine Alice Weidel, un certain Elon Musk. « Il a une responsabilité sur deux points, explique Paul Maurice. Premièrement, en mettant à disposition son réseau social X, anciennement Twitter. On voit aujourd'hui que l'AfD est le premier parti chez les jeunes. Les jeunes électeurs sont très sensibles aux réseaux sociaux. D'autre part, il légitime un parti qui, jusque-là, était le paria de la vie politique allemande. Il donne une légitimité, comme représentant du gouvernement de Donald Trump, comme garantie transatlantique de la viabilité de l'AfD et comme garant économique. C'est l'homme le plus riche du monde, un entrepreneur qui a une entreprise, Tesla, qui a une "mégafactory" dans le Brandebourg. C'est un garant économique qui va rassurer en partie certains milieux économiques jusque-là opposés à l'extrême droite, mais qui pourraient être tentés par son discours. »Face à la montée, semble-t-il, inexorable de l...
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  • Biélorussie: indéboulonnable mais vieillissant, le président Loukachenko brigue un 7e mandat
    Jan 24 2025
    Dimanche 26 janvier, les électeurs biélorusses sont appelés à voter dans le cadre de l'élection présidentielle. Comme le dénonce depuis des décennies la communauté internationale, c'est par un processus électoral ni libre, ni équitable, qu'Alexandre Loukachenko devrait être reconduit pour un nouveau mandat, son septième consécutif à la tête d'un pays considéré comme un satellite de la Russie. Un pays déserté par une opposition victime d'une répression féroce. Il est au pouvoir depuis 1994. Alexandre Loukachenko est aujourd'hui le plus ancien dirigeant des ex-républiques de l'espace soviétique. À 70 ans, il continue de diriger d'une main de fer un régime considéré par beaucoup comme le plus autoritaire en Europe et se présente sans véritable opposant dans ce scrutin présidentiel. Il devrait logiquement être reconduit pour un septième mandat à la tête d'un pays dont le régime s'est encore plus durci depuis août 2020, après une dernière élection entachée de nombreuses fraudes.« Souvent, quand on parle de Biélorussie, on parle d'une forme d'accord tacite qui existait plus ou moins avec les classes moyennes biélorusses, en tout cas qui a permis l'émergence de ces classes moyennes biélorusses, qui pouvaient circuler à l'époque assez librement, qui pouvaient donc gagner leur vie assez facilement. Mais en échange, il ne devait évidemment pas manifester d'ambitions politiques. C'est ce pacte qui, du point de vue d'Alexandre Loukachenko, a été rompu en 2020, quand beaucoup de citoyens biélorusses ont exprimé des revendications politiques », estime Olga Gille-Belova, docteur en sciences politiques et maître de conférences à l'université Bordeaux-Montaigne.Une opposition muselée, en exil ou en prisonLa répression féroce qui a suivi ces manifestations sans précédent a permis à Alexandre Loukachenko d'écarter toute opposition. Si certains de ces opposants ont été arrêtés et sont désormais en prison, d'autres sont parvenus à fuir. « Dès l'automne 2020, des Biélorusses par milliers, des dizaines de milliers même, ont fui le pays par peur de répression, par peur de l'emprisonnement, par peur des tortures, par peur des menaces sur leur famille, et beaucoup sont arrivés en Lituanie, en Pologne et également en Géorgie, détaille Ronan Hervouet, sociologue, professeur à l'université de Bordeaux-Montaigne et qui mène actuellement des recherches sur les exilés biélorusses. Ces personnes, au début, continuaient de participer à des formes de mobilisation, de manifestation, de soutien aux prisonniers politiques, etc. Mais rapidement, ils se sont rendu compte qu'ils ne se sentaient pas en sécurité, même dans les pays d'accueil. Ils avaient peur que leur mobilisation à l'étranger puisse nuire à leurs proches. Aujourd'hui, la mobilisation, l'action contre le régime apparaissent extrêmement difficile à mener collectivement, à l'intérieur du pays comme depuis l'étranger. »Une dépendance à la Russie qui va de pair avec la répressionSvetlana Tikhanovskaïa, considérée comme la cheffe de file de l'opposition biélorusse et adversaire du président sortant en 2020, continue de se battre mais en exil. Ainsi, Alexandre Loukachenko est sans opposant aujourd'hui et compte rester sur la même ligne, c'est-à-dire avancer main dans la main avec la Russie de Vladimir Poutine, dont la Biélorussie aujourd'hui ne peut se passer. « Il y a une dépendance beaucoup plus importante qui s'est instaurée à l'égard de la Russie. La dépendance militaire, la dépendance stratégique, la dépendance économique, qui existaient déjà auparavant, se sont beaucoup renforcées depuis 2022 », énumère Olga Gille-Belova.Alexandre Loukachenko applique aujourd'hui la méthode Poutine. C'est donc la peur qui domine dans le pays. À tel point que, cette année, personne de s'attend à ce que les Biélorusses mécontents sortent s'exprimer dans les rues après cette élection. « Il y a un tel degré de répression… Tout a été traqué et continue d'être traqué. Il y a 1 250 prisonniers politiques, mais il y en a qui ont pris des peines d'un an de prison, de deux ans de prison. Certains sont sortis, mais il y a d'autres qui entrent. En fait, ça ne s'arrête pas depuis 2020. La répression à l'intérieur du pays est telle qu'une mobilisation apparaît complètement impossible », explique Ronan Hervouet.Alexandre Loukachenko va donc enchaîner un septième mandat, personne n'en doute. Mais à 70 ans, il n'est pas éternel. Et s'il peut encore enchaîner un ou deux mandats, la question de sa succession se pose aujourd'hui. Ce qui semble être la seule issue possible pour un changement de pouvoir à la tête de la Biélorussie.À lire aussiBiélorussie: un «simulacre d'élection» dans un pays avec «des milliers de prisonniers politiques»
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  • Mute Egede, le dirigeant du Groenland face aux visées expansionnistes de Trump
    Jan 17 2025
    Dirigeant du Groenland depuis 2021, Mute Egede veut sortir le territoire autonome du giron danois, mais il refuse également de céder aux pressions de Donald Trump. Le président américain considère pourtant le Groenland comme un territoire crucial pour la sécurité et pour les intérêts américains, et n’a pas exclu de recourir à la force pour s’en emparer. « Nous ne voulons pas être Danois, nous ne voulons pas être Américains, nous voulons être Groenlandais et c’est bien sûr notre peuple qui décidera lui-même de son avenir » : voilà par quels mots le Premier ministre du Groenland a réagi, ce lundi 13 janvier, aux déclarations fracassantes de Donald Trump. Pas question pour le jeune dirigeant du territoire autonome de se laisser impressionner par le milliardaire américain… alors que celui-ci s’apprête à revenir à la Maison Blanche.Issu d’une famille de pêcheurs, Mute Egede a repris l’entreprise de son père avant de se lancer en politique… et sa carrière a été pour le moins foudroyante puisqu’il a remporté les élections en 2021 à l’âge de 34 ans. Une victoire qu’il a remportée en promettant, notamment, de stopper un projet de mine d’uranium dans le sud du Groenland. « Le projet était en cours de planification depuis une bonne dizaine d'années, mais comme il s'inquiétait des conséquences pour l’environnement, il a pris la décision d'y mettre fin, pointe Marc Lanteigne, spécialiste de l’Arctique à l’Université de Tromsö en Norvège. Mute Egede est favorable à l'exploitation minière, mais seulement dans des circonstances très contrôlées, et surtout, il ne veut pas que cette exploitation mette en danger l’écosystème du Groenland. »Une grande proximitéAvec son parti de gauche écologiste Inuit Ataqatigiit, Mute Egede a ainsi devancé les socialistes du parti Siumut qui ont gouverné le Groenland quasiment sans discontinuer durant les trente dernières années. Lunettes fines, barbe bien taillée et costumes impeccables, il joue la carte de la respectabilité tout en maintenant une certaine proximité avec ses électeurs. « Au Groenland, il y a une proximité très forte avec les politiciens et pour cause, puisqu’il y a 31 parlementaires pour 56 000 habitants », pointe Pia Bailleul, post-doctorante au Fonds Latour rattaché à Sciences-Po. « Mute Egede est donc très accessible, on peut le croiser faisant ses courses avec sa femme et ses enfants… Et il est jeune, ce qui crée un sentiment de proximité. Je ne dirais pas qu’il est charismatique, mais il est respecté. Il est considéré comme quelqu'un de sérieux qui défend les intérêts groenlandais. » Une indépendance… sur le long termeOutre leurs préoccupations environnementales, Inuit Ataqatigiit et Mute Egede ambitionnent de conduire le Groenland à l’indépendance, mais pas n’importe comment, et pas à n’importe quel rythme : il faut d’abord que le territoire puisse avoir les moyens financiers de cette indépendance. « À l'heure actuelle, environ la moitié du budget national est financé par un subside danois, et il faudrait s'en passer pour être totalement indépendant », remarque Pia Bailleul. « Et donc ce qu'ils proposent, c'est de développer l'industrie touristique et l'industrie minière, pour remplacer l'aide danoise. Mais il va falloir encore vingt ou trente ans de développement de ces industries pour que ce soit réaliste. Ils sont donc partisans d’une indépendance sur le long terme qui soit raisonnée. »À écouter dans Grand reportageGroenland : les enjeux politiques du changement climatiqueDéclarations tonitruantesUn rythme et une ambition qui pourraient cependant être bousculés par les déclarations tonitruantes de Donald Trump. Au Groenland, on reste encore sous le choc de ces propos de début d’année… même si le milliardaire américain avait déjà proposé en 2019 de racheter le Danemark.Pour l’instant, Mute Egede a répondu avec fermeté à ces déclarations – en écartant toute idée de passer sous contrôle américain… mais sans rejeter pour autant les opportunités d’une plus grande coopération avec les États-Unis. « Ce qu’il a expliqué, c'est que le Groenland se trouvait sur un point de tension entre la Russie et les USA, décrypte l’anthropologue Pia Bailleul. Mais il a aussi dit que c'était une place stratégique et qu'il allait essayer d’en tirer parti… Il veut que le Groenland tire son épingle du jeu sans se laisser faire. » Tout cela dans un contexte électoral particulier puisque des élections doivent avoir lieu au Groenland d’ici au mois d’avril. Mute Egede espère être reconduit à son poste, mais la campagne électorale sera forcément bousculée par les déclarations de Donald Trump et par le retour à la Maison Blanche d’un président américain qui estime impératif de s’approprier le Groenland.À lire aussiLe Groenland, terre de ...
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