• Comment protéger le patrimoine culturel des océans?

  • Mar 27 2025
  • Duración: 3 m
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Comment protéger le patrimoine culturel des océans?

  • Resumen

  • Le Conseil de l'Autorité internationale des fonds marins se réunit jusqu'au 28 mars en Jamaïque pour sa session de printemps. L'occasion de poursuivre les négociations sur un code minier. L'AIFM veut le finaliser cette année. Les fonds recèlent des minerais convoités comme le nickel ou le cobalt. Mais leur exploitation fait peser des risques sur une biodiversité encore méconnue. Autre question qui émerge : celle de la protection du patrimoine culturel des océans.

    On ne les visite pas aussi facilement que les monuments terrestres, mais les océans abritent, eux aussi, un héritage culturel : des épaves, des objets anciens tombés de bateaux, des navires coulés et des avions abattus pendant les deux guerres mondiales, par exemple. Le fond de l'Atlantique conserve aussi les traces de siècles de traite des esclaves entre l'Afrique et l'Amérique.

    Or, si scientifiques et ONG alertent depuis longtemps sur les risques que feraient peser l'exploitation minière sur les écosystèmes, le patrimoine culturel est moins souvent mis en avant.

    « Mémoire vivante » des générations passées

    Pourtant, Salim Lahsini, le représentant du Maroc à l'AIFM qui s'exprimait au nom des pays africains, a plaidé lors des débats pour que la protection du patrimoine culturel sous-marin soit « une priorité égale à la protection de la biodiversité marine » car il est « la mémoire vivante des générations » passées, selon des propos rapportés par l’AFP.

    Cette semaine, les représentants de peuples autochtones ont aussi demandé que leur héritage soit reconnu. Et il y a eu des avancées estime Sabine Roux de Bézieux, présidente de la Fondation de la mer : « Il est prévu que si une entreprise qui irait exploiter ces grands fonds marins trouve des restes humains, des objets ou des sites archéologiques, elle doit immédiatement stopper toute son activité et déclarer ses trouvailles à l'AIFM. Alors évidemment, l'inquiétude des peuples autochtones comme des organisations de la société civile, c'est que tout ça, ça va se passer très loin des côtes et à des milliers de mètres de profondeur. La surveillance des activités proprement dites de ces entreprises va donc être extrêmement compliquée à mettre en œuvre », s’inquiète Sabine Roux de Bézieux.

    Océan et spiritualité

    Mais vestiges et restes humains ne sont sans doute pas les plus difficiles à prendre en compte. Plusieurs États ont proposé que la protection soit également accordée au patrimoine « immatériel ». « C'est demandé par toute une série d'îles du Pacifique notamment », ajoute la présidente de la Fondation de la mer. « La Polynésie française a un rapport très fort avec l'océan. On appelle ça le Mana » de l’océan. « C'est l'esprit de l'océan qui fait partie de la culture polynésienne et de nombreux peuples du Pacifique », relate Sabine Roux de Bézieux qui rappelle toutefois que des « projets d'exploitation des grands fonds marins sont venus de Nauru, une île du Pacifique ». Ce petit État espère, en effet, faire entrer des devises par ce biais.

    La protection de l'aspect sacré de cet environnement marin pourrait s'avérer plus difficile à mettre en place. Un groupe de travail mené par la Micronésie demande la création d'un comité spécialisé, notamment composé de représentants de peuples autochtones, comité qui assisterait le conseil de l'AIFM dans sa décision sur un plan d'exploitation.

    La question du patrimoine culturel a été discutée en Conseil en ce mois de mars 2025. Elle devrait, selon Sabine Roux de Bézieux, être rediscutée en juillet quand le Conseil et l'Assemblée générale seront convoqués.

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