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Aujourd'hui l'économie

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  • Aujourd'hui l'économie vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.

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Episodes
  • Le coût des mesures douanières de Donald Trump à l'échelle mondiale
    Apr 2 2025

    Le président américain le promet : mercredi 2 avril, c'est « Jour de libération ». Donald Trump va annoncer de nouveaux droits de douane et personne ne semble épargné. Il s’agit là d’un nouveau tournant dans sa guerre commerciale qui pourrait très cher à l'économie mondiale.

    Le montant peut donner le tournis : 1 400 milliards de dollars, voilà le coût à l'échelle internationale des différentes mesures de Donald Trump et notamment sa volonté d'imposer à hauteur de 25 % toute importation sur le sol américain. D'après cette étude menée par l'Université d'Aston au Royaume-Uni, ce scénario frapperait dans un premier temps de plein fouet les États-Unis.

    Mais les partenaires économiques des Américains seraient aussi durement touchés. C'est d'ailleurs toute l'ambition de Donald Trump, frapper au portefeuille les économies avec lesquelles les États-Unis ont un déficit commercial. Si cette escalade protectionniste permettrait à certaines industries locales américaines de voir une hausse de leur production à court terme, la contrepartie, ce sont bien les représailles des partenaires commerciaux clés. Le Mexique, le Canada et l’Union européenne, pour ne citer qu'eux, ne comptent pas rester sans réponse.

    Résultat, toujours d'après l'étude de l'université d'Aston, cela provoquerait une chute des exportations américaines pouvant dépasser les 43 %.

    À lire aussiDroits de douane, barrières non tarifaires, mesures de rétorsion: les mots du protectionnisme

    Le consommateur américain en première ligne

    Mais qui dit guerre commerciale dit mécaniquement une hausse des prix sur les produits importés, y compris les biens de consommation courante. Côté entreprises, mêmes causes, mêmes effets. Elles pourraient voir leurs chaines d'approvisionnement perturbées avec une hausse du coût de production. Certaines ne pourraient pas faire face et celles qui tiendront le coup augmenteront mécaniquement leurs prix. Bref, la spirale inflationniste tournerait à plein et les premières victimes de ces mesures seraient les Américains eux-mêmes.

    Pourtant, c'est tout ce que Donald Trump ne veut pas. Mais le président américain l'expliquait à son arrivée à la Maison Blanche, il y aurait « des perturbations » mais que « cela ne durerait pas ». Pour le moment, la dynamique semble lui donner tort.

    Le monde financier s’inquiète

    L'activité boursière est directement touchée, elle aussi, par les mesures, ou du moins les plans, de Donald Trump. L'indice des 500 plus grandes entreprises américaines, le S&P 500 vient de connaitre l’un de ses pires trimestres en trois ans. Le risque de récession, à savoir un ralentissement du rythme de la croissance, est de plus en plus important d'après la banque d'affaire Goldman Sachs. Baisse de la croissance et inflation pourraient ainsi motiver la banque centrale américaine de revoir ses taux d’intérêt pour tenter d’endiguer la crise, sans garantie de succès.

    En jouant la carte de l'Amérique d'abord, Donald Trump met certes un coup de pied dans le système, mais beaucoup de spécialistes considèrent qu'il se met aussi des œillères. Car au jeu de l'escalade de représailles, aucune économie ne sort gagnante, pas même celle qui a initié la guerre commerciale. La question est donc toujours celle-ci : jusqu'où ira Donald Trump dans ses mesures à l'égard des partenaires historiques des États-Unis sans que les Américains en subissent de plein fouet les conséquences ?

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    3 mins
  • Les centres de rétention privés bénéficient de la politique migratoire de Donald Trump
    Mar 31 2025
    Plus de 32 000 migrants ont été arrêtés lors des 50 premiers jours du mandat de Donald Trump. En revanche, malgré les annonces du président américain, les expulsions sont pour l'instant stables par rapport au mandat de Joe Biden. En effet, il faut du temps pour organiser les vols retour et certains pays refusent de recevoir des migrants expulsés. Nombre d'entre eux attendent donc dans des centres de rétention aux États-Unis. Ce qui fait les affaires de grands groupes privés gérant ces centres. C'est une particularité des États-Unis : la majorité des lits des centres de rétention ne sont pas gérés par l'État mais par des entreprises à but lucratif, qui gèrent aussi certaines prisons. Les deux géants du secteur s'appellent GEOgroup et CoreCivic. L'essentiel de leur activité se fait aux États-Unis (mais GEOgroup a aussi des contrats en Australie ou encore en Afrique du Sud). Leur chiffre d'affaire annuel se compte en milliards de dollars. Ils sont côtés en bourse et le prix de leurs actions a grimpé en flèche au lendemain de l'élection de Donald Trump. Leur cours est resté très élevé depuis, car ils s'attendent à recevoir encore plus de migrants arrêtés.Doubler le nombre de litsLes centres sont actuellement plein à près de 90%. Et le « Monsieur frontières » de Donald Trump, Tom Homan, a annoncé qu'il veut plus que doubler le nombre de lits pour répondre aux besoins du plan d'expulsion à grande échelle de la Maison Blanche. Une série de contrat a été conclue récemment. GEOgroup est en train de rouvrir un centre de rétention dans le New Jersey, qui devrait lui rapporter 60 millions de dollars par an, sur 15 ans. CoreCivic, de son côté, a annoncé il y a deux semaines en rouvrir un au Texas, avec 2400 places. Cette période est « parmi les plus palpitantes de ma carrière », estimait en février son PDG, cité par le New York Times. Il s'attend pour les prochaines années à une forte croissance pour l'entreprise.Soutien à la campagne de Donald TrumpCes groupes ont contribué à la campagne de Donald Trump à hauteur d'au moins un million de dollars, d'après ABC News. Un montant loin de pouvoir changer le cours des élections aux États-Unis. Néanmoins, il est à noter que les compagnies du secteur ont récemment changé de stratégie. Habituellement, elles donnaient presque autant aux candidats démocrates. Cette fois-ci quasiment tous leurs dons sont allés au camp du futur président.Retournement de situationLes perspectives n'ont pas toujours été aussi bonnes pour les compagnies du secteur. Il y a quatre ans encore, de grandes banques s'étaient engagées à cesser de les financer, après une forte mobilisation contre ces entreprises, accusées de profiter du malheur des migrants. Des inspections ont également révélé l'insalubrité de plusieurs centres et prisons, ou encore un manque d'accès aux soins. Des plaintes ont par ailleurs été déposées pour travail forcé car des détenus doivent parfois travailler pour seulement un dollar de l'heure. Le vent aura donc fini par tourner. Il y a deux ans, Bank of America et la banque Wells Fargo ont assoupli leur conditions d'emprunt. Enfin, Joe Biden, malgré ses promesses de campagne, a finalement maintenu lors de son mandat la plupart des contrats entre l'État et ces groupes privés.
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  • Le changement d'heure, une initiative toujours pertinente?
    Mar 28 2025

    On s'intéresse ce matin à un vieux serpent de mer, le changement d'heure. Car ça ne vous a pas échappé, dans la nuit de samedi à dimanche, les Européens passent à l'heure d'été pour passer d'une à deux heures de plus par rapport au temps universel que l'on connait bien ici à RFI. Deux fois par an, on avance ou on recule les aiguilles de sa montre. Mais au-delà de cette manœuvre d'horlogerie, cette mesure a des conséquences économiques. Décryptage.

    Pour comprendre cette idée du changement d'heure, il faut remonter dans les années 70. L'Europe, et a fortiori la France, traversent une grande crise pétrolière. En 1975, devant la hausse du prix du fioul qui était très utilisé pour produire de l'énergie, chauffage et lumière, il a été décidé de changer d'heure afin de réduire le temps d'éclairage artificiel. Réduire ces besoins a été bénéfique sur la consommation d'électricité nationale. À ses débuts, la mesure a permis d'économiser jusqu'à 1200 gigawatts/heure par an. Pour vous faire une idée, c'est l'équivalent de la consommation annuelle en éclairage de plusieurs millions de foyers.

    D'autres pays ont fait aussi ce choix du changement d'heure

    À l'échelle européenne, il y a eu une harmonisation de cette mesure en 1988, l'objectif étant le même : réduire la consommation d'électricité et donc payer moins. Le monde a d'ailleurs pris cette idée au sérieux. Aujourd'hui par exemple, une grande partie des États-Unis change encore d'heure au printemps et en hiver. Mais la mesure est contestée et globalement abandonnée. Le Mexique y a mis fin il y a deux ans... L’Argentine, la Russie, la Tunisie, la Turquie, l’Égypte et l’Arménie, pour ne citer qu'eux, ont aussi décidé d’abandonner les changements d’heure saisonniers.

    Pourquoi ce changement d'heure est de plus en plus boudé ?

    Tout simplement parce que les gains sont marginaux, voire dérisoires. En France, ces dernières années, d'après les travaux de l'agence de la transition écologique, ce changement d'heure a fait économiser autour de 350 gigawatts/heure, quatre fois moins qu'en 1980. Cela s'explique par l’amélioration continue de la performance des systèmes d’éclairage et de meilleures politiques énergétiques. Au sein de l'Union européenne d'ailleurs, une proposition pour supprimer ce système a été votée en 2019, mais elle n'a jamais été appliquée puisque les États membres doivent d'abord se coordonner, et ils ont d'autres priorités !

    À lire aussiHeure d'été: la fin du changement d'heure tarde à s'appliquer au sein de l'UE

    Changer d'heure perturbe l'économie et la finance mondiale

    Au-delà de la consommation d'énergie, cela représente des coûts. Et oui, les systèmes informatiques tout comme les horaires de transport doivent être réajustés. Cette manœuvre peut engendrer des surcouts et des perturbations dans l'activité des organisations. Et puis au sein de l'UE, si chaque pays décide de son heure, cela peut avoir des conséquences sur le marché intérieur, notamment pour faire des affaires.

    Et géographiquement, si la Belgique et la France ont une heure de décalage, cela peut paraitre, vous en conviendrez absurde. Quoi qu'il en soit, si pendant longtemps cette mesure a été perçue comme efficace pour les économies d'énergie, elle semble aujourd'hui à bout de souffle. La production d'énergie évolue, les modes de consommation aussi. Le changement d'heure est aujourd'hui plus un choix politique et de société qu'un levier économique majeur !

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