Le Salon mondial du Tourisme à Paris, qui fermera ses portes ce dimanche 16 mars, est l'occasion de découvrir les tendances 2025. Parmi les demandes, des transports plus lents et moins polluants. Si l'avion reste le moyen le moins cher pour découvrir les pays lointains, l'Afrique et l'Europe travaillent à développer le voyage en train. Un signe ne trompe pas : parmi les nouvelles destinations des célèbres guides français du Petit Futé, les pays d'Afrique sont mis à l'honneur. Destination Gabon, Algérie, Tchad ou encore Zimbabwe. Téléphonie et tourisme Louis Auzias, directeur des guides du Petit Futé, constate que les pays qui réussissent à développer le tourisme facilitent l'essor des paiements et de réservations sur les téléphones mobiles : « C’est vraiment un grand changement dans la façon de voyager et d’utiliser les transports. Le voyageur, grâce aux plateformes de réservations et de paiements, a tout dans son téléphone. Il sort de la gare ou de l’aéroport, il peut commander un taxi. En Afrique, comme partout ailleurs, c’est une grande simplification du voyage. »Ainsi, le tourisme est un formidable moteur de retombées économiques. Mais il dépend de la volonté politique pour mettre en valeur chaque pays, sa culture, son développement. L'avion et la croisière en hausseCette année encore, le Salon mondial du Tourisme montre le paradoxe du transport touristique. Moins polluer ou continuer à découvrir le monde ? L'usager est pris en tenaille. L’un des grands changements ces deux dernières années est le temps de séjour. Les voyageurs partent plus loin et restent plus longtemps sur place. La réalité contredit les sondagesLa découverte fait partie du désir de l’humanité. Cette année, la tendance se retrouve sur tous les continents. Pour les destinations lointaines, l'avion reste encore en tête des transports sollicités en 2025. À l'échelle mondiale, les croisières en paquebot géant (de 3 à 7 000 passagers) font partie des demandes privilégiées par une clientèle attirée par des prix baissés chez les croisiéristes. À écouter dans Si loin, si procheDévorer le mondeCohabitation des transports Pour autant, les croisières en capacité limitée font aussi partie des tendances et sont très demandées pour les destinations de niche (fjords nordiques, banquise...) S'il fallait résumer le marché touristique, on pourrait dire qu'aujourd'hui cohabitent tous les goûts et tous les porte-monnaies, avec l'avion, le train et même la fourgonnette low cost de la fameuse vanlife, l’itinérance en fourgonnette équipée. « Il est vrai que dit comme cela, la vanlife peut paraître un phénomène marginal. Cependant, on constate encore cette année qu’il y a de la demande sur ce mode de transport, explique Christel Marzullo, à la tête de cette édition 2025 du Salon mondial du Tourisme. Cela répond à un désir des voyageurs de se déplacer plus lentement et de polluer moins qu’en avion. »L’autre tendance de fond est le succès des trains, surtout en Europe. Les lignes de nuit sont très pratiques et confortables, particulièrement dans le nord de l’Europe, mais des projets sont en discussion pour redynamiser les lignes sur l’ensemble du territoire. Le train écologique mais cher Si les vacances en train se développent, elles sont parfois coûteuses, surtout en voyage en famille. En France, le train reste en moyenne plus cher que l'avion. Le choix d'avoir privilégié les TGV (Trains à grande vitesse) avec des billets plus coûteux que ceux de lignes moins rentables a empêché le développement de certains trains régionaux et des trains de nuit. Retard du ferroviaire européen Dans les allées du Salon, on entend beaucoup parler de ce besoin de trains de nuit. À quand ce fameux réseau de lignes directes entre toutes les capitales d'Europe ? En 2023, la Commission européenne a demandé un rapport et encourage les travaux pour adapter et harmoniser tous les types de rails des pays. La différence des tailles de chemins de fer oblige aujourd'hui à des arrêts et changements de trains. Mais depuis deux ans, les projets pilotes sélectionnés avec l’industrie ferroviaire manquent d’argent, ils n'ont pas pu se concrétiser.À lire aussiQuels sont les effets du tourisme de masse sur l’environnement?