Episodes

  • Une technologie lumineuse pour remplacer la fibre optique
    Apr 3 2025

    Taara est le nom d’un projet développé par le laboratoire X d'Alphabet, la maison mère de Google. Son principe de fonctionnement est d’utiliser des faisceaux lumineux pour transmettre des données à haute vitesse, en lieu et place des infrastructures employant la fibre optique. Taara a déjà été expérimenté avec succès dans plus d’une douzaine de pays, dont le Kenya, le Ghana, la République démocratique du Congo ou encore l’Inde.

    Ce projet est né du constat que près de trois milliards d’individus dans le monde, ne sont soit toujours pas connectés à internet ou alors confrontés à une connectivité lente et défaillante. Cet accès à un Internet minimaliste est, par ailleurs, trop souvent proposé à un tarif prohibitif pour les déshérités du web. Google a donc travaillé sur une solution technologique, à la fois économique et puissante, de transmission des flux de données numériques.

    Le système utilise des ondes lumineuses dont le spectre électromagnétique se situe entre l'infrarouge et la lumière visible. Concrètement, les ingénieurs de Taara ont mis au point une puce photonique en silicium pour générer des « ponts lumineux » de connexion. L’équipement se compose de la puce mise au point dans les labos de Google, de plusieurs minimiroirs, mais aussi des capteurs et des optiques de haute précision. Des logiciels embarqués directement dans les appareils calculent automatiquement les meilleures trajectoires et l’intensité lumineuse pour relier les transmetteurs photoniques. Le système transmet des flux de données à des vitesses pouvant atteindre 20 gigabits par seconde et sur des distances assez conséquentes, d’environ 20 km. À titre de comparaison, cet acheminement numérique est comparable, voire supérieure à celui d’une infrastructure à base de fibre optique.

    Des appareils miniaturisés à l’extrême

    Plus rapide et moins coûteux que des connexions satellitaires de type Starlink, le système Taara a été conçu pour être à la fois facile à déployer et économique. Un réseau complet consommerait l’énergie d’une ampoule de 40 W, précise la jeune pousse indépendante de Google qui porte désormais le nom du projet originel. Des composants mécaniques étaient auparavant nécessaires pour orienter automatiquement les faisceaux lumineux sur les miroirs des systèmes de l'ancienne génération. La nouvelle version des bornes de connexion intègre des centaines d'émetteurs de lumière et un logiciel qui permet de contrôler la direction des rayons. Les appareils, qui se nomment Taara Lightbridge, ont été miniaturisés à l’extrême. La puce passe ainsi de la taille d'un feu de circulation à celui d'un ongle du petit doigt pour connecter en réseau les récepteurs et les transmetteurs.

    Une utilisation multitâche et tout-terrain

    Aucune région, même les plus enclavées, ne serait un obstacle à l’installation rapide de cette connectique légère, mais surpuissante. Le système a déjà été testé avec succès au-dessus du fleuve Congo, démontrant ainsi la capacité de cette technologie à fournir des connexions stables et rapides sur de longues distances. Pour illustrer la flexibilité du procédé, des déploiements en Inde, au Kenya, aux Fidji ou bien sur le territoire américain ont été réalisés. Le système permet de connecter des zones rurales enclavées ou de retransmettre sur le web des événements comme le festival de la vallée de Coachella aux États-Unis.

    Sans les contraintes du câblage physique, Taara peut aussi être déployé en quelques heures dans des régions frappées par une catastrophe naturelle. Le dispositif se présente également comme un accès alternatif dans des zones urbaines densément peuplées, quand les réseaux traditionnels sont saturés.

    À lire aussiPourquoi l'opérateur européen Eutelsat, rival de Starlink, grimpe en flèche en bourse

    Show more Show less
    3 mins
  • Matraquage de pubs pour les jeux d'argent ciblant les ados
    Apr 2 2025

    L'Observatoire français des drogues et des tendances addictives relève que les adolescents de 17 ans s’adonnent de plus en plus aux jeux d’argent et paris sportifs en ligne. L’essor de ces pratiques chez les mineurs concorde avec une forte pression publicitaire qui leur est spécifiquement destinée, malgré une légalisation qui interdit, depuis 2010, l’accès aux jeux d'argent et de hasard des plus jeunes.

    Faites vos jeux, et rien ne va plus ! Et c'est effectivement le cas, alerte l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives. L'organisme a publié deux notes complémentaires aux différents travaux de recherches qu'il mène depuis des années. L’une dresse l’état des lieux de la réglementation encadrant la publication des messages en ligne en faveur des jeux d’argent et de hasard. La seconde note livre une analyse approfondie de ces publicités en ligne.

    Pour réaliser cette étude, 124 publicités françaises officielles et différentes, datées entre 2014 et 2024, ont été collectées sur Internet et passées au crible. Le constat est sans appel : sur 124 pubs, 102, soit 82 % du total de ces messages, ont été diffusées après 2020, c’est-à-dire bien après la mise en place de restrictions encadrant les messages publicitaires en faveur des jeux d’argent et de hasard.

    Des pubs ciblant les mineurs

    Ces pubs incitatives utilisent des symboles ou des références attirant spécifiquement les jeunes, comme des personnages fictifs de jeux vidéo, de bande dessinée et autres cartoons animés. Plus problématique, certains messages mettent en scène des adolescents pour vanter les jeux d’argent et les paris sportifs en ligne. Ces stratégies de communication sont pourtant totalement interdites, nous rappelle l'Observatoire dans son rapport.

    Plusieurs études corroborent les conclusions de l’OFDT précisant que plus les pratiques de jeu d’argent sont précoces, plus le risque d’addiction est grand. Les jeux de grattage n’échappent pas à ce phénomène inquiétant, prévient de son côté l’Autorité nationale des jeux, en qualifiant de très mauvaises idées de cadeaux, les tickets à gratter pour les enfants.

    La pensée magique des jeux d’argent

    La promesse d’une gratification sociale par le jeu est souvent véhiculée dans ces pubs destinées aux jeunes. Cette stratégie markéting se base principalement sur le phénomène de la pensée magique qui habite chacun de nous depuis l’aube des temps. Ce travers inconscient se concrétise par le fait d’être convaincu de pouvoir influencer le cours des événements avec de fausses relations de causes à effets. Toutefois, jamais un vendredi 13 ne vous donnera plus de chance de remporter un gros lot de quelque nature que ce soit. Par ailleurs, les publicistes usent et abusent du stratagème dans leurs messages en employant une figure de style dénommée la tautologie. Ils vous expliqueront, par exemple, que « 100 % des gagnants ont tenté leur chance ». Un slogan qui est devenu une « vérité vraie » aux yeux des joueurs excessifs et victimes de ces formules tautologiques, estimant, par exemple, « qu’au jour d’aujourd’hui », la chance de l’emporter devrait arriver « incessamment sous peu ».

    Des promesses de gains chimériques vantées par une pub aux ressorts pléonastiques qui les poussent toujours à miser plus, en sacrifiant leurs finances, leur santé mentale jusqu’aux relations avec leur entourage.

    À lire aussiBrésil: la fièvre des jeux en ligne

    Show more Show less
    3 mins
  • L'utilisation de l'IA dans l'administration a de graves conséquences sur le respect des droits
    Mar 26 2025

    L’intelligence artificielle (IA), utilisée pour rendre plus efficace le fonctionnement du secteur public, faire des économies ou encore simplifier la tâche des usagers, a de fortes conséquences sur nos vies et celle de l’administration. Ainsi, de nombreux outils faisant appel à des algorithmes sont employés dans l’administration. Et si cette révolution n’en est qu’à ses débuts, elle suscite déjà des réserves.

    En France, c’est la défenseure des droits, Claire Hédon, qui exprime son inquiétude dans son rapport annuel d’activité pour 2024. La défenseure des droits, qui s’applique à protéger les droits de chacun, s’inquiète notamment de « la dématérialisation à marche forcée des services publics » et réclame plus de transparence sur l’utilisation de l’IA par l’administration. Selon le rapport, il faut donner aux usagers « la possibilité d’interagir avec l’administration par plusieurs canaux et pas seulement via le numérique. »

    Le cas symptomatique de l’Anef

    Pour aider un demandeur d’emploi à rédiger un CV, à mieux cibler un poste, à effectuer des démarches, l’IA peut être utile. Du côté de l’administration, elle peut aider à déterminer plus facilement qui a droit à une allocation ou à répondre en ligne plus efficacement aux demandes du public. Mais assez fréquemment, l’automatisation et la dématérialisation débouchent sur des dysfonctionnements, voire des impasses. L’Administration numérique pour les étrangers en France, l’Anef, est un cas symptomatique.

    Si le problème est désormais connu, la défenseure en détaille les conséquences : « Les ressortissants étrangers rencontrent des difficultés pour demander le renouvellement de leurs titres de séjour, à cause de nombreuses défaillances du portail par lequel ces personnes sont obligées de passer. » Le système bugge, ils ne « peuvent joindre personne », ce qui engendre des difficultés et met en péril leur intégration : la plateforme ne va pas leur sortir la preuve de leur droit au séjour. Les conséquences sont terribles : ils n’ont pas le droit de travailler, ils peuvent perdre leur emploi, leur logement, voir leurs prestations sociales suspendues ou encore avoir des difficultés d’accès aux soins.

    L’utilisation de l’IA, une tendance forte en Europe

    L’IA est de plus en plus utilisée pour améliorer le service au citoyen, mais aussi et surtout pour faire des économies ! En Grande-Bretagne, le Premier ministre Keir Starmer a fait ses comptes : « les outils », qu’il qualifie d’archaïques, de l’administration anglaise, lui font perdre chaque année 53 milliards d’euros. Il veut donc déployer l’IA partout, en attirant les entreprises du secteur et en leur laissant tester en Angleterre leurs innovations avant toute régulation.

    L’Union européenne, elle, essaye précisément de mettre en place des garde-fous compte tenu des risques majeurs sur les droits et libertés individuelles que peut faire peser l’IA via la collecte et l’utilisation massives des données personnelles.

    À lire aussiLa course à l’intelligence artificielle, nouvel instrument de domination mondiale

    Show more Show less
    3 mins
  • La Chine dévoile son robot coupeur de câbles sous-marins
    Mar 25 2025

    La Chine a révélé qu'elle disposait désormais d'un robot capable de sectionner des câbles sous-marins dans les hauts-fonds. Selon le South China Morning Post, ce submersible « compact » peut couper les câbles les plus solides, qu'il s'agisse de liaisons électriques ou de communication, jusqu'à 4 000 mètres de profondeur.

    Nous pensons à tort que nos smartphones, ordinateurs et autres machines informatiques connectées sont reliés les uns aux autres en passant par des connexions satellitaires, par des ondes hertziennes, ou encore par du wifi. Mais qu’elles soient du domaine grand public ou pour assurer les activités de n’importe quelle entreprise dans le monde, la quasi-totalité de nos communications électroniques dépendent à plus de 95 % des câbles sous-marins. L’invasion de l’Ukraine par la Russie nous a déjà révélé l’importance stratégique que revêtent les faisceaux optiques en mer Baltique avec la multiplication des tentatives de leurs destructions qui seraient imputables à Moscou.

    La guerre des câbles fait rage entre les États-Unis, la Russie et la Chine

    Notons que la suprématie opérationnelle dans cette guerre des câbles sous-marins est détenue pour l’instant par les États-Unis, la Russie et la Chine. Cette compétition est, par ailleurs, l’objet d’une véritable course technologique entre ces trois puissances mondiales. Et, notamment, dans un contexte de tension géopolitique exacerbée autour des îles de Taïwan qui sont depuis des années revendiquées par la Chine. Le South China Morning Post, quotidien de Hong Kong, vient de révéler à ce titre que des ingénieurs du Centre chinois de recherche naval sont parvenus à concevoir un robot subaquatique capable de mettre hors service des câbles sous-marins.

    Ce submersible de petite taille est conçu en alliage de titane. Il ressemble, selon les schémas exposés dans le journal, à une scie circulaire qui a été fixée à un bras articulé. L’ensemble du dispositif résiste aux pressions des fonds marins jusqu'à 4 000 mètres, soit une immersion qui est deux fois plus profonde que celle à laquelle sont habituellement ancrés les câbles maritimes. Mais son rayon d’action pourrait atteindre les 10 km de profondeur une fois accroché aux bathyscaphes de la marine chinoise. Le disque diamant de 15 cm de diamètre au bout du bras articulé de l’engin est capable de découper en tranches les épaisses gaines en acier, caoutchouc et polymères protégeant la majorité des câbles véhiculant les flux de données numériques.

    Un robot coupe-câble stratégique

    Ce serait la première fois qu'un pays signale disposer d'un tel engin, selon le quotidien hongkongais. Et on peut se demander pourquoi la Chine, d’habitude si discrète sur ses capacités de guerre hybride, a choisi de révéler publiquement détenir un tel dispositif de sabotage de câble. Le quotidien de Hong Kong propose un début de réponse en rappelant que Pékin dispose de la flotte de submersibles la plus importante du monde, avec une armada d’engins robotisés. Avec ce type d’appareil, la Chine pourrait opérer sans faire surface sur l’un des « nœuds stratégiques » d’interconnexion maritime qui est situé au large de l’île américaine de Guam, dans le Pacifique. Une région océanique dans laquelle se concentrent une douzaine de câbles sous-marins utilisés autant par les forces militaires des États-Unis que par des organismes privés comme Google ou encore Meta.

    À lire aussiDans les pays baltes, vers une interdiction totale de TikTok?

    Show more Show less
    3 mins
  • Le robot conversationnel Meta AI se déploie en Europe
    Mar 21 2025

    Dévoilé aux États-Unis en septembre 2023 puis généralisé en avril 2024 sur l'ensemble des applications comme Facebook, Instagram, WhatsApp, propriétés du groupe de Mark Zuckerberg, Meta AI débarque en Europe. L'interface d'intelligence artificielle est centrée sur la génération de texte. En revanche, la possibilité de créer des images a été retirée de la version européenne, contrairement à celle qui est disponible aux États-Unis, et dans les pays situés en dehors de la zone euro.

    Disponible dans six langues, la firme américaine Meta annonce déployer son assistant IA dans 41 pays de l'Union européenne (UE), en commençant par la France et l'Allemagne, ainsi que dans 21 territoires d'outre-mer liés à l'UE. Un déploiement qui sera réalisé de façon progressive au cours des prochaines semaines, prévient toutefois l'entreprise dans son communiqué. Concrètement, ce robot conversationnel de type génératif est capable de répondre aux questions des utilisateurs en générant des textes comme le fait son concurrent ChatGPT d'OpenAI. Le programme a, par ailleurs, accès aux moteurs de recherche sur internet pour actualiser ses réponses.

    Pour activer ce service d'intelligence artificielle (IA), aucune manipulation n'est nécessaire : son installation est automatique. L'utilisateur devra ensuite cliquer sur une icône représentant un cercle bleu quand elle apparaîtra sur Messenger, Instagram, Facebook et sur WhatsApp. Et pour utiliser le programme, vous devrez écrire « @MetaAI » avant de formuler votre requête.

    La firme américaine avait jusqu'ici suspendu le déploiement de son IA dans l'UE, en invoquant le manque de visibilité sur les règlements qui encadrent le numérique en Europe. Des législations que le patron de Meta jugeait comme « fragmentées », aux « mises en œuvre incohérentes » et qui « freinaient l'innovation ». Mais finalement, après mûre réflexion et, sans doute, des tractations avec les régulateurs, Meta AI débarque en Europe.

    Un écosystème entièrement dédié à l'IA

    Selon le patron de Meta, ce robot conversationnel n'est pas qu'une IA générative de plus. L'objectif poursuivi par l'entreprise est de lancer, à terme, un écosystème numérique complet et ouvert à tous pour concevoir des agents intelligents. Les entreprises, les créateurs de contenus, les chercheurs ou les particuliers pourront ainsi configurer et adapter les propres robots IA, expliquait récemment, par visioconférence, Mark Zuckerberg.

    « Finalement, ce n'est pas juste une technologie, c'est un écosystème complet que vous développez avec la prochaine génération des technologies dédiées à l'intelligence artificielle. La question principale pour Meta est de savoir comment créons-nous, non seulement, un ensemble florissant de produits et de gains de productivité économique, mais aussi comment avoir une meilleure économie politique, plus durable autour de l'IA ? Et vous savez, je pense que nous l'avons déjà fait, et raisonnablement bien, avec nos réseaux sociaux. Je pense qu'il sera important de faire encore mieux avec l'intelligence artificielle. Notamment, pour atténuer certaines des préoccupations que les internautes auront en utilisant ces IA, au sujet de leurs moyens de subsistance, de leurs emplois et même de leur vie », détaillait alors le PDG de Meta.

    Meta mise sur une large adoption de l'IA sur ses réseaux sociaux

    Meta prévoit d'investir entre 60 et 65 milliards de dollars dès cette année pour développer principalement des centres de données, des serveurs informatiques et les infrastructures réseaux qui sont essentiels à l'essor de sa technologie. Meta a fait de l'IA sa priorité.

    Le groupe estime pouvoir réussir cette transition numérique, si les milliards d'abonnés qui utiliseront ses programmes intelligents restent captifs de leurs applications et leurs réseaux sociaux préférés.

    À lire aussiIntelligence artificielle: Meta poursuivi en France pour violation des droits d'auteur

    Show more Show less
    3 mins
  • Reconnaissance faciale: 300 000 sportifs en France scannés à leur insu
    Mar 20 2025
    Depuis au moins un an, plusieurs centaines de milliers de Français ont été scannés, à leur insu, par un système de reconnaissance faciale. Ce dispositif a été déployé à l'occasion de courses à pied dans l'espace public réunissant des milliers de sportifs amateurs et de spectateurs. Mais petit problème, la collecte de données biométriques par un système d'intelligence artificielle est une pratique totalement interdite dans l'Union européenne. La jeune pousse PhotoRunning est l'une des principales entreprises du secteur de la reconnaissance faciale en France. La société propose aux participants d'un événement sportif, principalement des courses à pied amateurs, de retrouver sur le site de l'entreprise toutes les images de leurs exploits. Jusqu'ici, pas de problème sur les intentions louables de ce service en ligne.Mais voilà : afin que le programme d'intelligence artificielle (IA) soit efficace et délivre les clichés aux intéressés, tous les visages, des coureurs aux spectateurs jusqu'aux simples passants, ont été préalablement analysés par le système de reconnaissance faciale de l'entreprise. Ce recueil de données biométriques a été appliqué lors de 48 courses au cours des 12 derniers mois.Environ 320 000 visages de personnes ont ainsi été enregistrés dans les bases de données sur les serveurs de PhotoRunning. Certaines courses couvertes par le dispositif de l'entreprise concernaient des épreuves réservées spécifiquement aux mineurs. Les données biométriques d'au moins 3 000 jeunes participants ont été ainsi collectées par le programme IA.La banalisation de la vidéosurveillance pilotée par IADepuis les JO de Paris, le sport est devenu le terrain expérimental préféré des technologies de vidéosurveillance pilotées par IA, mais avec une nuance de taille : le traitement informatique des images vidéo utilisé pendant les JO permettait d'identifier automatiquement des « événements » qualifiés d'anormaux, comme des mouvements de panique dans une foule, ou de pouvoir suivre les déplacements d'individus suspects.La vidéosurveillance par IA des JO n'utilisait pas la reconnaissance faciale, nous rappelle Philippe Blanc, responsable des analyses vidéo chez Eviden, une société de cybersécurité : « La différence fondamentale entre la reconnaissance faciale et la reconnaissance comportementale, qui est pilotée par IA, est que dans un cas, le dispositif de vidéosurveillance identifie des personnes par rapport à leur visage et par rapport à une liste de référence. Dans l'autre cas, les systèmes se concentrent plutôt sur des analyses de mouvements de personnes. Par exemple, pour repérer des chutes dans une foule ou pour localiser des comportements anormaux de type violence qui seraient perpétrés par des groupes d'individus. En revanche, les technologies de reconnaissance faciale qui sont basées sur l'analyse des visages permettant de constituer une base de données biométriques sont aujourd'hui interdites en France et dans tous les pays de l'Union européenne. »Le RGPD interdit l'utilisation de la reconnaissance faciale dans l'espace publicLes organisateurs des manifestations sportives qui ont employé le système PhotoRunning affirment qu'ils ignoraient que ce dispositif de reconnaissance faciale collectait les données biométriques de tout le monde. Mais cet argument ne tient pas. Que ce soit du côté des organisateurs ou celui de l'entreprise française, nul n'est censé ignorer le règlement général sur la protection des données en vigueur depuis 2018 dans tous les pays de l'UE. Le RGPD interdit formellement l'utilisation de la reconnaissance faciale dans l'espace public, sauf exception, pour des raisons de sécurité. Cette autorisation est fortement encadrée et soumise aux autorités compétentes.Par ailleurs, ces mesures exceptionnelles exigent d'obtenir le consentement explicite et non contraint des personnes scannées par ce type de dispositif. Et c'est bien là le problème : à force de toujours minimiser, pour des raisons de facilité d'usage, la reconnaissance faciale dans l'espace public, la surveillance de masse par IA deviendra bientôt la norme dans nos sociétés. Avec ce risque certain que la vie privée des citoyens, en dehors du regard analytique des caméras pilotées par IA au quotidien, ne devienne un jour prochain une infraction, qu'il conviendrait peut-être de sanctionner. Et que nos parcours santé soient systématiquement surveillés.
    Show more Show less
    3 mins
  • Comment la Russie a «infecté» les programmes d'intelligence artificielle d'Occident
    Mar 19 2025

    Alors que campagnes russes visant les réseaux sociaux et les médias traditionnels sont désormais bien documentées, le Kremlin a développé un système de propagande plus subtil. Il consiste à influencer les réponses que délivrent les programmes d'intelligence artificielle (IA) dite générative. La plupart des IA occidentales seraient ainsi contaminées par les infox de Moscou, révèle une étude menée par la plateforme web NewsGuard, spécialisée dans l'analyse de la fiabilité des sites d'information.

    Jusqu'à présent, les trolls à la solde de Moscou employaient des programmes IA pour les aider à diffuser en masse leurs messages de propagande sur les réseaux sociaux. Mais une nouvelle méthode pour effectuer plus discrètement ce trafic d'influence a été révélée par la plateforme américaine NewsGuard. La technique consiste à s'attaquer directement aux agents conversationnels IA que nous utilisons quotidiennement.

    Pour réaliser ce type d'intrusion, la Russie a créé une organisation portant le nom de Pravda. Le terme russe, qui signifie « vérité », désigne un immense réseau de désinformation, qui a été lancé en avril 2022. L'organisation est entièrement gérée depuis Moscou. Son objectif n'est plus seulement d'influencer directement les internautes sur les réseaux sociaux ou de publier des faux articles sur les sites web, mais de bien manipuler les modèles de langage des programmes d'intelligence artificielle.

    Une dizaine d'IA passées au crible par NewsGuard

    NewsGuard a mené son enquête en testant méthodiquement les dix principaux dispositifs conversationnels par IA utilisés actuellement. L'examen approfondi des informations délivrées par ChatGPT d'OpenAI, Claude d'Anthropic, Grok d'Elon Musk, Chat de Mistral, Gemini de Google ou encore Copilot de Microsoft, a révélé le pot aux roses. Toutes ces IA seraient désormais sous influence russe, indique NewsGuard et d'autres ONG. Concrètement, pour réussir à manipuler les modèles d'apprentissages des IA génératives, les hackers du groupe Pravda ont eu recours à une technique dénommée le « LLM Grooming ».

    Le procédé consiste à saturer les jeux de données d'entraînement des IA avec des informations biaisées en publiant massivement des messages truqués en ligne. Par exemple, en soumettant 10 milliards de fois le message à une IA que l'image du drapeau russe figure sur tous les pelages des chats dans le monde, le programme finira par transmettre cette affirmation mensongère à ses utilisateurs. Évidemment, les trolls du groupe Pravda, qui ont bien d'autres chats à fouetter, cherchent plutôt à ce que les IA diffusent des contre-vérités en reprenant les narratifs prorusses à grande échelle.

    Les menaces de la Russie sur les IA sont problématiques, estime l'UE

    Ce phénomène de contamination des IA est d'autant plus inquiétant que les États-Unis ont indiqué vouloir mettre en pause leurs opérations de cybersécurité à l'encontre de la Russie.

    En revanche, l'Union européenne (UE) a précisé mardi 18 mars que la Chine et la Russie ont recours à un « arsenal numérique massif » de plus en plus sophistiqué pour s'ingérer et manipuler les démocraties occidentales. Cette déclaration a été formulée juste avant les tractations par téléphone entre les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine. Si elles ont abouti à l'éventualité d'un cessez-le-feu de 30 jours, cette trêve est d'une portée très limitée, ne concernant, par exemple, que la suspension des frappes sur les sites énergétiques de l'Ukraine.

    Show more Show less
    4 mins
  • Les géants européens de la tech lancent un appel urgent pour un fonds souverain
    Mar 18 2025
    Que ce soit dans les domaines industriels, militaires ou ceux des services en ligne, l'Europe est fortement dépendante des technologies chinoises et étasuniennes. C'est la raison pour laquelle Airbus, Dassault Systèmes et plus de 90 entreprises des pays de l'Union européenne exhortent la Commission européenne à créer un fonds d'infrastructure souverain. Cette lettre ouverte a été envoyée à la patronne de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, vendredi 14 mars 2025, avant d'être révélée par l'agence de presse Reuters lundi 17 mars. Les signataires soulignent l'urgence pour Bruxelles de prendre des mesures drastiques afin de maintenir l'autonomie stratégique de l'Union européenne (UE) dans les secteurs clés de la tech. Un appel qui intervient alors que les tractations entre la Russie et les États-Unis sur le conflit ukrainien entrent en zone de turbulences.Dans le secteur des technologies de défense, l'Europe dépend fortement du système militaire américain. Des avions de chasse aux satellites en passant par l'artillerie, les munitions et les télécommunications, la plupart de ces dispositifs sont soumis aux contrôles stricts des États-Unis. Cette domination serait à ce titre plus que criante dans le secteur de l'aviation de chasse, avec pas moins de 13 pays de l'UE déjà engagés dans l'acquisition de F-35. Mais petit problème : l'efficacité de cet avion furtif repose sur la gestion de très nombreuses données tactiques qui sont hébergées dans des centres spécifiques aux États-Unis.Les dépendances technologiques américaines ou chinoises grèvent l'économie européenne« L'Europe doit reprendre l'initiative sur le plan technologique à tous les niveaux de son infrastructure numérique essentielle », estiment les signataires dans leur lettre ouverte. Ils pointent les faiblesses de l'UE dans le domaine des logiciels, des applications pour mobiles, des plateformes dites de services numériques, dont la plupart hébergent, voire financent des médias sur le sol européen.Un marché de la tech qui conditionne aussi la distribution des programmes de l'intelligence artificielle. Du côté des productions matérielles, ce n'est guère mieux. La fabrication de semi-conducteurs, de processeurs de calcul haute capacité, d'unités de stockage des données et de matériel de connectivité ultrarapide servant, par exemple, au secteur bancaire, sont opérés en dehors du territoire européen. En conséquence, les industriels de la tech dans l'UE doutent de nos réelles possibilités à développer des technologies souveraines et innovantes.La concurrence acharnée de la Chine dans les domaines des hautes technologies, mais également dans les secteurs des réseaux énergétiques et des médicaments essentiels, assombrissent ce tableau peu reluisant de la compétitivité européenne dans les domaines du numérique.La souveraineté numérique impose d'acheter européenLes géants européens de la tech réclament que les gouvernements de l'UE adoptent une politique de préférence nationale dans leur investissement public. Mais force est de constater que les commandes de chasseurs américains effectuées par certains pays de l'UE se situent aux antipodes du plan de souveraineté numérique qu'ils préconisent.Toutefois, les signataires ont bien précisé à Bruxelles que l'objectif de cette missive n'est pas d'exclure des acteurs non-européens. Ils prônent plutôt de créer un espace dans la zone euro dans lequel les entreprises de l'UE des hautes technologies peuvent plus facilement concurrencer leurs homologues internationaux. Les signataires de la lettre concluent que, sans un fonds d'infrastructure souverain, c'est la croissance économique de la zone euro qui risque de s'affaiblir.
    Show more Show less
    3 mins