Episodes

  • EPISODE 28 : Quand la mémoire témoigne du procès Maurice Papon
    Apr 2 2025

    Dans cet épisode, l'anthropologue Carole Lémée nous raconte comment à la fin des années 80, elle est accourue voir ce qui se passait au Tribunal de Bordeaux après avoir entendu à la radio que l'ancien secrétaire-général à la préfecture de Bordeaux, Maurice Papon allait être jugé. Alors jeune doctorante, elle devient tout d'un coup le témoin privilégié d'une très longue procédure qui avait débuté en 1983 lorsque ce haut-fonctionnaire est inculpé de crimes contre l'humanité pour son rôle dans la déportation de juifs entre 1942 et 1944..

    Carole Lémée nous raconte tous les détails de ce procès historique et hors norme auquel elle a assidûment assisté. Après 17 ans de procédure, le 2 avril 1998, Maurice Papon est condamné à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité.

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    1 hr and 10 mins
  • EPISODE 27 : Les vies sauvées par Elisabeth Eidenbenz à la maternité d'Elne
    Feb 24 2025

    A travers l'histoire de sa soeur, Sylvie Seror nous raconte l'histoire d'Elisabeth Eidenbenz, une institutrice suisse qui, pendant la guerre, a décidé de partir en Espagne puis en France pour venir au secours des populations en détresse. Fondatrice de la maternité d'Elne, elle a permis à 600 enfants de naître en toute sécurité ou de trouver refuge. C'est le cas de 200 enfants juifs qui ont été cachés dans cette maternité, comme la soeur de Sylvie Seror, qui y est restée 30 mois.

    Elisabeth Eidenbenz se rendait dans les camps d'internement pour proposer son aide aux personnes internées.

    Dans ce podcast, Sylvie Seror raconte l'engagement d'Elisabeth Eidenbenz à travers le périple de ses parents internés dans le camp d'Agde.

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    41 mins
  • EPISODE 26 : La Maison de la Conférence de Wannsee et son histoire
    Jan 27 2025

    Dans cet épisode, Anna Stocker, des relations internationales dans le département éducation et recherche, nous raconte les différentes phases de l'histoire de la Maison de la Conférence de Wannsee et comment l'acharnement d'un rescapé de la Shoah, l'historien juif Josef Wulf a permis de transformer la villa en lieu de mémoire.

    Anna Stocker parle également des différentes étapes du travail de mémoire en Allemagne et met en lumière les différences avec les autres pays, notamment avec la France.

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    26 mins
  • EPISODE 25 : Une réunion suivie d'un petit-déjeuner dans une villa au bord d'un lac
    Jan 20 2025

    Une magnifique maison au bord du lac de Wannsee dans le sud de Berlin : C'est dans ce cadre que 15 dirigeants nazis se sont retrouvés le 20 janvier 1942 pour discuter de la mise en oeuvre d'un objectif : organiser la "Solution Finale de la question juive", c'est à dire la déportation et l'extermination de 11 millions de juifs en Europe.

    Plus connue sous le nom de Conférence de Wannsee, cette réunion suivie d'un petit-déjeuner était, selon le responsable de l'organisation de la Solution Finale Adolf Eichmann, "assez sympathique". "On a parlé très tranquillement, on a bu du café et du cognac, on a mangé des petits fours et on a parlé de tuer 11 millions de juifs", a-t-il déclaré lors de son procès en 1961 à Jérusalem.

    Anna Stocker, responsable des relations internationales dans le département éducation et recherche de la Maison de la Conférence de Wannsee, raconte que seul le protocole de Martin Luther, représentant du Ministère des Affaires Etrangères à la Conférence, n'a pas été détruit. Ce document, qui constitue désormais l'une des preuves de la planification du génocide des juifs en Europe, prévoyait d'exécuter 11 millions de juifs dans toute l'Europe.

    Pour en savoir plus sur ce qui s'est passé ce jour-là, écoutez Anna Stocker.

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    36 mins
  • EPISODE 24 : Pris au piège à l'hotel Polski
    Dec 20 2024

    Dans cet épisode, le professeur d'économie américain Martin Carnoy raconte comment ses parents ont réussi à s'enfuir de Varsovie en septembre 1939. Le père de Martin Carnoy, Lolek Carnoy, possédait une agence de publicité et l'un de ses clients était l'entreprise américaine Palmolive. C'est grâce au gérant américain de Palmolive mais aussi grâce à l'intervention du consul américain que ses parents pourront obtenir un visa vers la liberté.

    Une fois arrivés à New York, ils déploieront tous leurs efforts pour pouvoir sauver les autres membres de la famille, restée sur place mais peine perdue.

    Lolek Carnoy avait même envoyé de l'argent à son frère pour acheter un visa pour l'Amérique Latine mais le rendez-vous donné par les allemands à l'hotel Polski pour récupérer ce visa était un piège. Selon Martin Carnoy, ce stratagème a permis aux allemands de déporter 3000 juifs. De leur côté, les parents de Martin ont regretté toute leur vie d'avoir envoyé cet argent. Un sentiment de culpabilité les habitera jusqu'à la fin de leur vie.

    C'est à la mort de son père que Martin découvre tous les détails de ce drame à travers une correspondance de cinquante lettres entre son père et sa famille polonaise. Cette correspondante s'achève soudainement en 1943.

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    52 mins
  • EPISODE 23 : Le sentiment de culpabilité des survivants
    Dec 12 2024

    "Twisted fate" (Destin fatal) est le titre du documentaire que le cinéaste américain Jonathan Carnoy a réalisé sur sa famille à la demande de son père Martin Carnoy. Père et fils sont partis tous les deux en Pologne sur les traces de leurs ancêtres juifs. Leur objectif : reconstituer l'histoire de la famille décimée dans la tourmente de la Shoah.

    En septembre 1939, les parents de Martin Carnoy sentent le vent tourner et décident de partir de Varsovie quelques jours après l'invasion allemande de la Pologne. C'est grâce à un contact professionnel au sein de la société américaine Palmolive que la famille Carnoy arrive à se procurer un visa pour les Etats-Unis. Mais pour cela, il faut qu'ils se rendent à Stockholm.

    Dans cet épisode, Jonathan nous raconte le périple de ses grands-parents jusqu'à New York, nous parle de ce sentiment de culpabilité qu'ils ont ressenti toute leur vie. Jonathan nous parle également de son grand-père qu'il a eu la chance de connaître et des valeurs que cet homme lui a transmises.

    Pour regarder le documentaire de Jonathan Carnoy, cliquez sur le lien suivant :

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    50 mins
  • EPISODE 22 : Les traumatisés de la Troisième génération
    Dec 4 2024

    Dans cet épisode, Alexandre Borycki, président de l'association Mémoires du Convoi 6 et des Camps du Loiret, explique comment son enfance a été imprégnée des traumatismes vécus par ses parents et grands-parents, survivants de l'holocauste.

    Pendant que sa mère et sa grand-mère sont cachées à Paris par des Justes, le grand-père d'Alexandre est interné dans un camp d'internement dans le Loiret après la "Convocation du billet vert" du 14 mai 1941. Le 17 juillet 1942, soit 14 mois plus tard, il part à Auschwitz à bord du Convoi numéro 6. Cette date reste gravée dans la mémoire collective puisque le même jour une vague d'arrestation de juifs d'une ampleur inédite a lieu dans la région parisienne, région où vit une majorité de juifs de France. Il faut faire de la place dans les camps d'internement de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande et les premiers convois de déportés juifs vers les camps d'extermination se constituent.

    A la libération, son grand-père revient à Paris. Il a survécu aux camps de la mort. Il s'est donné pour mission de témoigner. Son petit-fils Alexandre a repris le flambeau et continue de transmettre cette mémoire. "Je suis un traumatisé de la Troisième Génération", dit-il. "J'ai vécu avec toutes ces histoires et donc j'avais cette histoire à porter sur mes épaules, ce qui m'a amené à m'investir dans la mémoire très jeune", souligne le président de l'association Mémoires du Convoi 6 et des Camps du Loiret.

    Pour lui, l'histoire de la Shoah "est porteuse d'un message : un message de tolérance, de vivre ensemble et d'un message de citoyens. Il ne faut jamais laisser gagner l'intolérance et la haine de l'autre", souligne-t-il.

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    58 mins
  • EPISODE 21 : Le Conseil de l'Europe et l'héritage européen de la Shoah - 2
    Oct 24 2024

    Dans la deuxième partie de cet épisode consacré à la mémoire européenne de la Shoah, Jean-Philippe Restoueix, spécialiste des questions liées à l'histoire européenne et la prévention des crimes contre l'humanité, explique comment chaque pays européen a des difficultés à gérer son passé. "Tous les pays ont des passés qui ne passent pas", souligne le spécialiste. Selon lui, certains "hommes politiques veulent utiliser ce passé qui ne passe pas" pour se maintenir au pouvoir mais pour lui, c'est un calcul qui peut effectivement être payant "électoralement" mais "socialement, culturellement et d'un point de vue historique, c'est ignoble". "Au lieu d'aider les populations à mettre du baume sur les plaies, certains pouvoirs publics ont mis du sel sur les plaies pour garder le pouvoir", soulève Jean-Philippe Restoueix qui se range aux côtés d'un Conseil de l'Europe, particulièrement "inquiet de l'instrumentalisation donc de la falsification de l'histoire".

    Cette difficile gestion mémorielle explique également pourquoi l'élaboration et l'adoption de la recommandation sur la mémoire de la Shoah a pris sept ans avant de voir le jour.

    Pour lire la recommandation, cliquez sur Recommandation CM/Rec(2022)5 du Comité des Ministres aux États membres relative à la transmission de la mémoire de la Shoah et à la prévention des crimes contre l’humanité

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    41 mins