• Turquie: face à la répression, la détermination sans faille de la jeunesse d'Istanbul

  • Apr 2 2025
  • Duración: 3 m
  • Podcast

Turquie: face à la répression, la détermination sans faille de la jeunesse d'Istanbul

  • Resumen

  • En Turquie, plus de 300 manifestants sont toujours détenus après les arrestations massives qui ont suivi l’incarcération d’Ekrem Imamoğlu. Ces étudiants encourent, pour la plupart, jusqu’à trois années de prison pour participation à des manifestations non autorisées. Leurs proches et leurs avocats dénoncent leurs conditions de détention et demandent leur libération immédiate.

    De nos envoyés spéciaux à Istanbul,

    Nafia Tanriverdi a les traits tirés malgré le maquillage : depuis dix jours et l’arrestation de son frère Baki, cette jeune comédienne n’a cessé de se battre pour lui venir en aide. « Après l’incarcération d’Ekrem Imamoğlu, mon frère a rejoint les manifestants. Ensuite, nous n’avons pas eu de nouvelles de lui pendant deux jours. Nous avons pensé aux pires des scénarios. Nous l’avons cherché partout, en allant dans les commissariats. Et finalement, nous l’avons trouvé à la fin du deuxième jour. On ne s’attendait pas du tout à ce qu'il soit arrêté, nous avons donc été très choqués », raconte-t-elle.

    Le jeune homme n’avait jamais participé à une manifestation de sa vie et il risque désormais de six mois à trois années de prison. Sa vie a basculé, comme celle de plus de 300 personnes arrêtées durant les manifestations ces derniers jours en Turquie. L’avocate Bedia Büyükgebiz dénonce un abus de pouvoir et une procédure entachée d’illégalité : « Ils ont été arrêtés pour avoir refusé de se disperser à l’issue d’une manifestation non autorisée. Mais d’après la loi, ils ne devraient pas être incarcérés jusqu’à leur procès. Pour nous, il s’agit d’arrestations illégales. La réalité, c'est que le gouvernement a peur des manifestations et ne veut pas qu’elles continuent. Il veut effrayer les étudiants et leurs parents en leur disant : ne sortez pas de chez vous, n’allez pas dans la rue, sinon on vous arrêtera. »

    Une peur alimentée par les récits des mauvais traitements subis en détention : coups, insultes, humiliations. Une peur nourrie également par les arrestations au petit matin, aux domiciles des manifestants. Cette étudiante nous confie se réveiller tous les jours avec cette angoisse : voir débarquer les policiers à son domicile. « Comment la police trouve-t-elle les adresses ? Ils doivent scanner les images filmées pendant les manifs avec la reconnaissance faciale. Nous, pour éviter cela, nous avons trouvé la solution : porter des masques », explique-t-elle.

    Dans ce parc d’Istanbul, à l’écart des caméras, une poignée d’étudiants débat de la conduite à tenir en cas d’interpellation. Ils échangent des conseils, des contacts d’avocat ou de proche à prévenir en cas d’arrestation. « Oui, nous avons tous peur, en particulier les femmes, parce que nous avons vu et entendu que la police était particulièrement dure avec les femmes. Cela me fait peur, mais cela ne m’a pas empêché de rejoindre les manifestations. Je n’aurais pas pu rester chez moi à la maison, sans rien faire. Il fallait nous battre pour notre avenir et contre l’injustice », affirme-t-elle. Car il n’est pas question d’abandonner la contestation. D’ailleurs, à la libération d’Ekrem Imamoğlu, s’ajoute désormais une autre revendication : la remise en liberté des 300 personnes arrêtées durant les manifestations.

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